4 ans après la faillite de Makro, des ex-employés attendent toujours leur indemnité: des montants qui dépassent 100.000€
Près de quatre ans après la fermeture des magasins Makro en Belgique, certains anciens travailleurs n'ont toujours pas reçu l'intégralité de leur indemnité de licenciement. Pour certains, il reste des dizaines de milliers d'euros à récupérer.

- Publié le 06-10-2026 à 11h46

Le 30 décembre 2022, les magasins Makro belges fermaient définitivement leurs portes. Près de 1.400 personnes perdaient leur emploi. Près de quatre ans plus tard, la faillite n'est toujours pas totalement réglée.
Le Fonds de fermeture des entreprises a déjà versé jusqu'à 30.500 euros brut par travailleur. Mais certains ex-employés estiment avoir encore droit à plusieurs dizaines de milliers d'euros en fonction de leur ancienneté. Dans certains cas, la somme restante dépasserait même 100.000 euros, indique le Nieuwsblad.
Pourquoi la procédure de faillite s'éternise-t-elle et l'argent tarde-t-il à arriver? Le problème est lié à une procédure judiciaire en Allemagne. Après la faillite, les curateurs avaient encore besoin, de manière limitée, du système informatique de l'ancien propriétaire de Makro, Metro AG, notamment pour gérer certaines factures.
La cause principale est un procès portant sur un litige de plusieurs millions d'euros que nous devons régler en Allemagne. Je crains que l'affaire ne s'éternise. La plupart des autres points de blocage ont été en grande partie levés.
Les curateurs négociaient avec Metro pour payer cette utilisation limitée. Mais l'ancien propriétaire leur a finalement réclamé plusieurs millions d'euros, estimant qu'il fallait payer l'utilisation de l'ensemble de son système informatique pendant un an.
Les curateurs contestent cette facture. Metro a donc porté l'affaire devant un tribunal à Düsseldorf. Aucune date d'audience n'est fixée à ce jour.
Et cette procédure est importante pour les anciens travailleurs: tant que les curateurs ne savent pas combien d'argent restera dans les caisses de la faillite, ils ne peuvent pas déterminer précisément ce qui pourra être redistribué aux créanciers, dont les ex-employés.
"Je crains donc que l'affaire ne s'éternise encore un certain temps", explique la curatrice Nathalie Vermeersch, dans le média flamand.
Les anciens sites Makro reprennent vie
Pendant ce temps, les anciens sites Makro commencent à changer de visage. À Lodelinsart, à Charleroi, le site de 7 hectares doit accueillir quatre nouvelles enseignes dès 2027. À Alleur, près de Liège, le site renaît sous le nom d'Ans District: un Colruyt Professionals y a déjà ouvert ses portes et un Spar doit notamment s'y installer.
Dans la périphérie bruxelloise, l'ancien Makro de Machelen est devenu le Vondel District. Un Albert Heijn XL doit y ouvrir le 28 octobre. À Leeuw-Saint-Pierre, c'est un Jumbo qui a investi les anciens locaux.
Quatre ans après, les sites commerciaux tournent progressivement la page de Makro, alors que ses anciens travailleurs attendent toujours le règlement complet de la faillite.
