Les prix de l'immobilier ne cessent de bondir: "Les vendeurs ont augmenté les prix"
Les prix d'une maison ou d'un appartement ne cessent de croître en Belgique. Et la tendance est encore plus marquée au sud du pays.

- Publié le 21-10-2025 à 18h01
- Mis à jour le 22-10-2025 à 08h33

Acquérir un bien immobilier coûte de plus en plus cher en Belgique : rien que sur les neuf derniers mois de l'année, la hausse atteint 5 % pour les maisons (346 218 € en moyenne) et 1,7 % pour les appartements (275 862 €), selon le dernier baromètre immobilier de la Fédération du notariat. Et cette tendance est encore plus marquée au sud du pays.

"En Wallonie, il y a clairement eu un effet 3 %, explique la notaire Sophie Maquet, en référence à l'entrée en vigueur de la réforme des droits d'enregistrement, ramenés de 12,5 à 3 % pour une série de transactions. Énormément de gens qui planifiaient d'acheter ont attendu 2025 pour mettre leur projet en route, pour justement profiter des 3 % de droits d'enregistrement." Et donc devoir moins mobiliser de fonds propres.
Même effet qu'en Flandre
On avait eu le même effet en Flandre quand ils sont passés à 3 % de droits d'enregistrement
Mais, on le sait, la réforme n'a pas eu que des effets bénéfiques. Elle a fortement impacté les prix des biens à la vente. "On avait eu le même effet en Flandre quand ils sont passés à 3 % de droits d'enregistrement (en 2022, NDLR), fait remarquer Sophie Maquet. Les vendeurs ont augmenté les prix. "
Concrètement, le prix moyen en Wallonie a bondi en 9 mois de 12,9 % pour les maisons (269 551 €) et de 5,8 % pour les appartements (209 952 €). Sur la même période, la hausse n'a été que de 1,2 % pour les maisons à Bruxelles (577 108 €) et de 2,3 % pour les appartements (297 411 €).
Pour autant, cette inflation ne semble pas calmer les ardeurs des candidats acquéreurs. Le nombre de ventes suit la même tendance que les prix : +15,1 % de transactions enregistrées depuis le début d'année en Belgique. Un nombre influencé par le boom des ventes en Wallonie : +17, 2 % contre 15 % en Flandre et 8,6 % à Bruxelles.
Fini les taux à 1 %
La baisse des droits d'enregistrement ne suffit pas, à elle seule, à expliquer le dynamisme du marché immobilier en Belgique. Deux autres facteurs interviennent, selon la porte-parole de notaire.be.
"Les acheteurs ont tellement peur que la maison leur échappe qu'ils offrent plus que ce qui est demandé"
Il y a d'abord un constat désormais intégré par les acheteurs qui ont peut-être attendu, en vain, une baisse des taux hypothécaires : "Les gens se sont résignés à ce que les taux ne redescendront plus". Les taux autour des 1 % ne reviendront pas de sitôt, et 3 % est perçu comme un taux "raisonnable". Les acheteurs passent donc à l'action.
Un autre facteur peut expliquer cet emballement des prix, selon Sophie Maquet : "Comme on l'a vécu au moment de l'après-Covid, les acheteurs ont tellement peur que la maison leur échappe qu'ils offrent plus que ce qui est demandé".
D'autant que les acquéreurs semblent moins regardants sur les performances énergétiques du bien convoité, constate la notaire. "Il y a eu une période où les gens n'achetaient que des PEB A, B ou C. Maintenant, ils achètent quand même des immeubles avec un mauvais PEB et feront avec. On a beaucoup parlé de l'impact des logements bien isolés mais j'ai le sentiment, en tout cas au niveau du micro laboratoire qu'est mon agence, qu'on en revient."
Appartements trop chers?
Seul "bémol" du baromètre, les appartements neufs s'écoulent un peu moins bien. " Les appartements neufs, en tout cas sur Bruxelles, sont devenus terriblement chers. Mais je pense que c'est partout. Les matériaux ont tellement augmenté que les appartements neufs sont chers."