Les syndicats dénoncent un "trop-plein" face aux mesures de l'Arizona : "Ça ne peut plus durer"
À l'approche de la manifestation du 9 octobre, la FGTB et la CSC dénoncent l'accumulation de mesures d'austérité qui, selon elles, pèseront lourdement sur les travailleurs.
- Publié le 02-10-2026 à 18h00
- Mis à jour le 08-10-2026 à 15h05

Des pleins à 100 euros, des pistes budgétaires de Bart De Wever qui font jaser ou encore des abonnements Letec presque 30 fois plus chers: les motifs de mécontentement s'empilent dans le pays. C'est dans ce contexte que les syndicats socialiste FGTB et chrétien CSC entendent battre le pavé bruxellois ce 9 octobre prochain : "Cette manifestation doit montrer l'ampleur de la colère qui monte dans la population, face aux orientations et aux mesures que semblent prendre les gouvernements", estime Stéphanie Parmentier, secrétaire nationale de la CNE non marchand. "On veut une société qui réponde aux besoins de la population. Et on en est loin aujourd'hui."
Un constat partagé par son homologue socialiste, Nathalie Lionnet, secrétaire fédérale du SETca non-marchand, qui dénonce un "trop-plein" dans la population : "Les travailleurs constatent qu'il n'y a pas de réponse efficace face à l'impact du coût de l'énergie, alors même que les tarifs des transports en commun augmentent et que les responsables politiques disposent, eux, de voitures de société. Les Belges ressentent un véritable sentiment de mépris de classe et d'injustice."
Des nouvelles mesures qui pourraient aggraver la situation ?
Une date et un lieu qui ne doivent rien au hasard. Cette mobilisation se tiendra quelques jours avant le discours de politique générale du Premier ministre Bart De Wever à Bruxelles, et surtout à l'approche de la fameuse échéance du 15 octobre. Date à laquelle le gouvernement entend trouver les 10 milliards d'euros nécessaires pour résorber le déficit public d'ici 2029.
Des premières pistes se dessinent déjà et, à en croire les deux syndicats, elles risquent davantage de faire grincer des dents que de soulager le portefeuille des Belges : "On a déjà touché au mécanisme d'indexation des salaires, continue Nathalie Lionnet. Avec les nouvelles mesures, on sait qu'il y a un réel enjeu au niveau des pensions et des soins de santé."
Les principaux leviers envisagés par l'Arizona concerneraient une hausse de la TVA, de 21 à 22 %, des pensions rabotées avec un départ anticipé moins attractif, ou encore la mise en place d'une franchise annuelle pour accéder aux remboursements médicaux. Un plafonnement de l'indexation des salaires, une potentielle taxe sur les grandes fortunes, ainsi qu'une réduction des dépenses et des niches fiscales figureraient également parmi les pistes envisagées.
Le secteur non-marchand particulièrement touché
Des mesures qui risqueraient d'être lourdes de conséquences, surtout pour le secteur du non-marchand :"Il pourrait être triplement victime de ces mesures d'austérité budgétaire, dénonce Stéphanie Parmentier. Les travailleurs seraient d'abord touchés par les mesures générales, comme la réforme du chômage ou le blocage des salaires, mais aussi par les restrictions budgétaires qui viendraient frapper les secteurs où ils évoluent. Et enfin, ils devront composer avec les difficultés rencontrées par d'autres secteurs, eux aussi impactés par ces mesures."
Le 14 septembre dernier, le SPF Finances a ainsi suggéré au ministre des Finances, Jan Jambon, de soumettre l'ensemble du secteur non marchand à l'impôt des sociétés de 25 %, à l'instar des entreprises classiques.
Les aides ménagères, au coeur des préoccupations
Avec un plein à 100 euros, si on peut prendre les transports en commun pour aller au travail, on y réfléchit à deux fois. Mais pour les aides ménagères, difficile de faire autrement, quand on sait que leurs déplacements professionnels représentent en moyenne 603 kilomètres par mois, selon une étude de la FGTB : "Elles payent désormais en moyenne 16 à 25 euros par jour rien que pour leurs déplacements. Tout ça pour assurer une mission publique d'une certaine manière," déplore Stéphanie Parmentier.
Pour une travailleuse à temps plein, les frais de carburant représentent en moyenne 13 % du salaire. Pour un contrat de moins de 13 heures par semaine, cette proportion grimpe à 17 % : " On peut être sûr que leur message ce 9 octobre sera : Ça ne peut plus durer," conclut-elle.
