BNP Paribas Fortis : 2 873 agences supprimées en douze ans
Depuis 2000, 2 873 agences bancaires ont été supprimées. Les progrès techniques n'expliquent pas tout. La crise est aussi passée par là.

- Publié le 26-03-2013 à 06h00

Les agences bancaires sont-elles vouées à disparaître? Hier, BNP Paribas Fortis a en tout cas annoncé sa volonté de supprimer 150 succursales (cf. ci-dessous) au cours des prochaines années. Un cas loin d'être isolé. Depuis 2000, toutes enseignes confondues, 2 873 agences sont passées à la trappe, soit 43% du total (lire en p.3). Motif invoqué: les habitudes des clients ont changé. Mais la conjoncture y est aussi pour beaucoup.
1. Technologie
En dixans, le secteur bancaire a su tirer profit de l'évolution technologique. Aujourd'hui, rares sont les clients qui effectuent encore leurs opérations bancaires les plus courantes au guichet de leur banque. Ce service leur est d'ailleurs facturé, de quoi contraindre les clients récalcitrants à déserter les guichets.
Avec l'essor d'internet, les virements, paiements ou transferts de fonds peuvent désormais être réalisés depuis un smartphone ou un ordinateur, à la maison ou au travail. Les agences ont aussi été réaménagées pour permettre à ceux qui ne sont pas équipés d'effectuer ces opérations sans "perturber" le personnel.
2. Rationalisation
Mais l'évolution technologique n'explique pas tout. Le paysage bancaire, au cours des dernières années, a été radicalement modifié. Les BBL, BACOB, Crédit Communal, Kredietbank et autres enseignes d'antan ont été fusionnées ou absorbées. Le nombre d'agences est du même coup devenu trop important. "Dans certaines communes, il y avait parfois deux ou trois agences de la même banque à une centaine de mètres ", explique-t-on chez Belfius. Certaines ont logiquement été fermées.
3. Crise économique
La dernière vague de fermetures d'agences annoncée s'explique par une toute autre raison: la crise économique. Avant 2007, et l'explosion d'un système en pleine dérive, les bénéfices alignés par les banques affichaient deux chiffres. "Cette période est révolue, observe Ivan Van de Cloot, économiste en chef de l'Institut Itinera. L'ancien ''business model'' où les banques prenaient de gros risques a vécu. Même si on n'est jamais sûr de rien."
Les banques en difficulté ont été obligées de se recentrer sur leur métier de base. Des activités moins risquées, mais surtout moins rémunératrices. Cela alors que, dans le même temps, le cadre réglementaire régissant le système bancaire a été renforcé. Le niveau de fonds propres exigé a augmenté. Les banques ont été obligées de trouver de l'argent.
La concurrence exacerbée entre les différentes enseignes les a obligées à aller chercher l'argent ailleurs, au sein même des institutions. D'où ces pertes ou non remplacements de postes, baisses de salaires, suppression des dividendes et des bonus. Sans oublier les fermetures d'agences.
