Comment attrape-t-on le virus du Nil, qui a coûté la vie à 2 premières victimes en Belgique, et quels sont les symptômes ?
Le virus du Nil a fait deux premiers morts en Belgique, a-t-on appris ce jeudi 15 octobre 2026. Transmis par les moustiques, il provoque le plus souvent des formes asymptomatiques ou bénignes, mais nécessite la plus grande vigilance.

- Publié le 15-10-2026 à 18h56
- Mis à jour le 16-10-2026 à 09h51

On a appris ce jeudi 15 octobre 2026 que le virus du Nil occidental a coûté la vie à deux premières victimes en Belgique, plus précisément en Flandre.
Les premières contaminations humaines avaient été constatées le mois dernier dans les provinces d'Anvers et du Brabant flamand, alors que le virus circule chez nous depuis début août.
25 cas de virus du Nil avaient déjà été détectés chez des chevaux et une soixantaine chez des oiseaux.
Au niveau européen, des cas humains sont signalés depuis les années 1960.
Un Flavivirus transmis par des piqûres de moustiques infectés
La fièvre du Nil occidental est causée par le virus du Nil occidental (VNO), un Flavivirus transmis par des piqûres de moustiques infectés, selon l'institut scientifique belge de santé humaine, animale et environnementale, Sciensano.
"Il existe huit lignées différentes de ce virus, selon l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) mais dont seules deux d'entre elles provoquent la maladie chez l'homme.
L'homme et les mammifères peuvent être infectés, mais ce sont des hôtes accidentels ; le cycle de transmission se fait uniquement entre oiseaux et moustiques.
"Transmis à l'homme par certaines espèces de moustiques du genre Culex"
"Le virus se trouve principalement chez les oiseaux migrateurs et peut être transmis à l'homme par certaines espèces de moustiques du genre Culex, auquel appartient le moustique domestique", rappelle Sciensano.
Il ajoute : "L'homme et les mammifères tels que les chevaux peuvent également être infectés, cependant ceux-ci sont des hôtes accidentels ; le cycle de transmission se fait uniquement entre oiseaux et moustiques."
La transmission entre humains est exceptionnelle, mais peut survenir dans de rares cas notamment lors de transfusions sanguines ou de transplantations d'organes, selon l'Institut Pasteur. "Une transmission pendant la grossesse, l'accouchement ou l'allaitement a déjà été observée dans le monde" précise l'AFMPS.
1 personne infectée sur 5 présente des symptômes
Après une période d'incubation de 2 à 14 jours environ, une personne infectée sur cinq présente des symptômes : une fièvre brutale, des maux de tête, des douleurs musculaires, une éruption cutanée et un gonflement des ganglions lymphatiques.
L'Institut Pasteur ajoute quelques symptômes à cette liste déjà longue : les nausées, les douleurs abdominales, les diarrhées, et différents symptômes respiratoires.
La plupart des personnes se rétablissent complètement, mais parfois une fatigue peut durer pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois.
Dans 80% des cas l'infection par le virus West Nile ne cause pas de symptômes
Il peut arriver, très rarement (1 % des infections), que les personnes infectées développent une maladie grave telle qu'une encéphalite (inflammation du cerveau) ou une méningite (inflammation des méninges).
La forme grave est plus fréquente chez les personnes âgées ou immunodéprimées, et peut être fatale (chez 1 personne atteinte sur 10).
Il n'y a ni traitement spécifique ni vaccin pour l'homme
Si le médecin soupçonne une infection par le virus du Nil occidental, le diagnostic peut être établi à l'aide d'une prise de sang ou d'une ponction lombaire.
Il n'y a ni traitement spécifique ni vaccin pour l'homme, "mais il en existe un pour les chevaux", précise Sciensano.
La prise en charge repose essentiellement sur le traitement des symptômes : repos, hydratation, médicaments contre la fièvre et la douleur.
Les cas graves nécessitent une hospitalisation, parfois en réanimation pour prendre en charge les complications neurologiques.
Un moustique brun-jaune natif de Belgique
Il s'agit du moustique domestique commun (Culex pipiens), un moustique brun-jaune natif de Belgique. Il mesure entre 4 ou 5 millimètres, mais peut aller jusqu'à 9 millimètres de longueur.
Contrairement au moustique tigre, dont on parle beaucoup pour la transmission de la dengue et le chikungunya, il n'a pas de motifs spécifiques sur le dos ni de rayures sur les pattes. Le corps du moustique domestique est arrondi et présente des rayures jaunes.
