Trop bien payé, le boss de Dexia ?

Dexia organise son assemblée générale ce mercredi dans un contexte difficile. D'autant plus que la rémunération des patrons passe mal.

Trop bien payé, le boss de Dexia ?
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"Tous ceux qui participent à cette entreprise doivent faire leur part d'effort pour assurer la pérennité" prévenait le nouveau président du conseil d'administration de Dexia, Jean-Luc Dehaene, lors de la présentation anticipée des résultats annuels de la banque à la fin du mois de janvier.

Tous ? Pas tout à fait. À quelques heures de l'assemblée générale de Dexia qui se tient cet après-midi, les syndicats ont envoyé aux actionnaires institutionnels du groupe bancaire une lettre ouverte dans laquelle ils s'indignent du niveau de rémunération des "boss" de chez Dexia.

Les représentants des travailleurs, réunis en front commun, ne comprennent pas que l'on demande aux salariés du groupe de se serrer la ceinture alors que tant M. Dehaene que l'administrateur-délégué Pierre Mariani se voient octroyer une rémunération plus élevée que leurs prédécesseurs qui ont été "démissionnés".

Une grasse augmentation

Dans le rapport annuel 2008, disponible sur le site internet de Dexia, on apprend que la rémunération annuelle fixe de M. Mariani s'élève à un million d'euros, là où Axel Miller ne touchait "que" 825 000 euros. Une augmentation de 21,21 % (Dexia parle de 8,45 % en tenant compte de tous ses avantages) qui fait tache quand on sait que l'intéressé, fin janvier, affirmait que " Dexia devra réduire son train de vie".

Un montant important qui ne tient pas compte de sa rémunération variable future (il n'a pas reçu de bonus pour 2008) " représentant entre 50 et 225 % de cette partie fixe", soit de 500 000 à 2,25 millions d'euros.

M. Dehaene n'est pas oublié non plus. Ses émoluments seront doublés par rapport à celui des autres administrateurs qui touchent 2 500 € par trimestre et 2 000 € de jeton de présence. Des montants qui viennent s'ajouter aux défraiements pour les nombreux autres mandats d'administrateur de M. Dehaene (Umicore, Inbev, etc.) et à sa pension d'ancien Premier ministre.

Si le montant de ces rémunérations peut déjà paraître exagéré dans une société saine, il choque encore plus quand on sait que le gouvernement, donc les contribuables, a dû voler au secours de Dexia en octobre dernier.

Craintes pour l'emploi

Mais ce qui a le don d'énerver encore plus les travailleurs, c'est que, dans le même temps, une partie d'entre eux (159 en Belgique, 888 pour tout le groupe) va devoir faire ses valises et quitter l'entreprise.

Et cela ne pourrait être qu'un premier pas. Car les syndicats redoutent de futures coupes dans l'emploi. " Nous n'avons pas de garanties pour 2010 et 2011" explique le délégué syndical Setca Francis Talbot qui redoute les résultats de " l'analyse de filières" qu'effectue actuellement une société de consultance française chez Dexia.

Contactée, la direction du groupe se refuse pour l'heure à tout commentaire. Elle réserve ses réponses aux actionnaires qui, à coup sûr, ne manqueront pas de lui demander des comptes.

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