Plus d'entreprises, moins de… navetteurs
Les patrons wallons sont en campagne. Ils proposent une alliance entre les pouvoirs locaux et les entreprises. Une union positive pour le citoyen.

- Publié le 08-02-2018 à 07h41

S'il pouvait choisir, le travailleur wallon privilégierait la proximité entre son lieu de travail et son domicile plutôt que le salaire. Pourtant, le Wallon doit encore trop souvent parcourir des dizaines de kilomètres avant de se mettre au travail. Alors, la faute à qui? Peut-être… à lui-même.
Dans dix mois, vous serez appelés à glisser un bulletin dans l'urne pour choisir vos élus communaux. L'échéance n'a pas échappé à l'Union wallonne des entreprises (UWE) qui a décidé de mener campagne avant l'heure. Mais surtout, à la veille du Salon des mandataires qui réunit ces jeudi et vendredi la plupart des politiques du sud du pays.
Car on l'oublie trop souvent, mais les entreprises, qu'elles travaillent au niveau régional, national ou international, sont avant tout situées sur le territoire communal. Les bourgmestres et autres élus communaux ont donc un grand rôle à jouer dans le redéploiement économique de la Wallonie, rappelle l'UWE. Un rôle qui serait sous-estimé.
Trop de communes wallonnes auraient tendance à privilégier le logement, jugé plus rémunérateur pour les finances communales, à l'activité économique. Mais leur calcul serait biaisé, selon l'UWE, qui s'appuie sur une étude menée il y a sept ans. Pour 1000€ investis, un commerce rapportait en précompte immobilier 14,27€ contre 6,48€ pour un logement. Même en y ajoutant la part de l'impôt des personnes physiques (IPP) reversée à la commune, l'entreprise rapporterait toujours plus.
Mais l'argument des patrons ne s'arrête pas à cette étude. L'UWE des entreprises met en corrélation ces données avec la volonté des Wallons de travailler près de leur domicile. Pour aboutir à un constat implacable: attirer des entreprises revient donc à créer de l'activité directe mais aussi à attirer (ou conserver) des habitants. Et donc à créer de l'activité indirecte, notamment de services, pour répondre aux besoins de ces nouveaux habitants.
Reste qu'au-delà de la théorie, il y a la pratique. Qui dépend, elle, du bon vouloir des politiques. Mais pas question pour les patrons wallons de prendre les élus de haut: "On vient pour dire qu'on veut créer une alliance entre les entreprises et les pouvoirs locaux, tempère Olivier de Wasseige, administrateur délégué de l'UWE. On pense qu'on a des intérêts communs. Une alliance est possible et elle peut être bénéfique à tout le monde."
Et en sortant si tôt dans la campagne, la fédération des patrons espère que ses idées (lire ci contre) seront intégrées dans les programmes (promesses) des candidats. Et ensuite dans les urnes.
