Dix fois plus de pensions animalières en dix ans
À l'approche des vacances, les pensions pour animaux sont fortement sollicitées. Un secteur en très forte expansion, à des prix bien différents.
- Publié le 20-06-2019 à 06h45

En dix ans, le nombre de structures d'accueil pour animaux de compagnie a décuplé en Belgique, passant de 38 à 325, selon des chiffres fournis par Statbel, l'office belge de statistique. En Wallonie, le nombre de pensions a bondi de plus de 20% en trois ans: il en existe aujourd'hui 169, selon le SPW. Une tendance qui ne surprend pas les professionnels du secteur.
"Cette évolution s'explique d'abord par le fait que les gens prennent plus soin de leurs animaux qu'avant, se réjouit Sophie Locatelli, vice-présidente d'Animaux en péril. Ils les abandonnent moins."
Un constat confirmé par Mortimer Van der Meeren, responsable à la Croix Bleue de Belgique. "Les gens sont plus responsables qu'avant. Le phénomène de la pension est plus significatif. Avant, on préférait abandonner son chien car le montant absolu de l'abandon était plus faible que celui de la pension."
Les prix ont été revus. Un gros travail de sensibilisation a aussi été mené. "Les effets médiatiques ont eu un effet concret", explique M. Van der Meeren qui pointe aussi le durcissement de la législation. L'abandon est désormais interdit en Région wallonne. À une exception près: le propriétaire peut se tourner vers un refuge s'il ne s'estime plus en capacité de conserver son animal.
Un geste irréversible que certains n'assument pas. "Il y a des gens qui abandonnent leur animal en disant l'avoir trouvé sur la voie publique. En contrôlant la puce, on s'aperçoit qu'il s'agit de leur animal. Mais ils agissent de la sorte pour ne pas payer. La malhonnêteté est quelque chose d'humain."
Parfois, les remords prennent le dessus. Notamment lorsque la décision, trop rapide, fait suite à une séparation. L'animal retrouve alors son maître. C'est au cas par cas.
Un travail sympathique
Mais ce succès rencontré par le secteur des pensions s'explique aussi par un motif plus noble, selon Sophie Locatelli, "le plaisir de la profession, travailler avec des animaux est une approche sympathique". Un aspect que ne contredira pas Mortimer Van der Meeren dont l'ASBL se bat chaque jour pour venir en aide aux animaux abandonnés. "Nous ne sommes pas des commerçants. Nous vivons des dons que nous recevons. La Croix Bleue reste déficitaire. " Un appel qui sera peut-être entendu.
www.croixbleue.bewww.animauxenperil.be
"Certains acteurs n'ont aucun scrupule"

Chiens et chats sont les plus acceptés dans les pensions animalières, mais certains établissements proposent d'accueillir des animaux plus particuliers. C'est le cas de la Ligue nationale pour la protection du furet, qui fait partie des pensions agréées par le ministère.
Christine Merdjan, vous êtes présidente de cette ASBL, pourquoi avoir choisi de vous concentrer sur le furet?
Je m'intéressais au comportement des animaux via l'éthologie et j'ai remarqué que les gens ne comprenaient pas vraiment les furets. Pour moi, c'était pourtant très basique. J'ai voulu les protéger et donner des conseils et je me suis lancée comme ça. Je ne considère pas le furet comme un NAC (nouveaux animaux de compagnie), car c'est un animal domestique qu'on ne trouve pas à l'état sauvage, contrairement aux lapins par exemple.
Qui sont les gens qui vous confient leur animal?
J'ai beaucoup d'habitués. Certains réservent en mars-avril pour les vacances d'été car ils ne peuvent pas prendre leur animal avec eux. Là, le planning de la pension est quasiment rempli.
Vous souhaitez aussi mettre en garde les propriétaires, afin qu'ils ne confient pas leur animal à n'importe qui.
Ça fait 20 ans que je me bats avec l'ASBL pour défendre le furet, car c'est un animal dont il faut pouvoir s'occuper. Certaines personnes montent des pensions ou des élevages en faisant tout et n'importe quoi. Ils prennent des lapins, des cobayes, des furets, etc. et ne s'en occupent pas ou pas comme il faut. Dans ma pension, j'ai dix cages, les animaux sortent, je ne les mets pas ensemble. Je fais aussi de la resocialisation et de la rééducation.
Le furet n'est donc pas pour tout le monde?
Je dirais qu'il faut vraiment se renseigner. Certains nouveaux propriétaires peuvent tomber dans des pièges grossiers, croyant parfois acheter un furet "rare" ou plus "original" alors que c'est simplement parce que l'animal a une maladie ou qu'il est en fin de vie. C'est pareil avec d'autres animaux. Certains acteurs dans ce domaine n'ont aucun scrupule.
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