Les symboles et les actes
Une Chambre des représentants pleine comme un œuf, les autorités politiques du pays rassemblées pour participer à ce moment d'histoire, une très longue salve d'applaudissements, une solennité appuyée : la démocratie belge a, comme d'autres, accueilli Volodymyr Zelensky par écran interposé dans les murs du Palais de la Nation.
- Publié le 01-04-2022 à 06h00
- Mis à jour le 01-04-2022 à 13h21

Il n'y a sans doute pas de façon plus explicite, pour un État, d'exprimer son soutien au président ukrainien et à son pays assailli par la Russie de Vladimir Poutine depuis plus d'un mois.
En excellent communicateur qu'il est, Zelensky porte son témoignage et ses revendications à l'échelle internationale, auprès des gouvernants, des élus et derrière eux des médias et des opinions publiques.
Il aurait pu insister sur le caractère central de la Belgique, abritant la capitale des institutions européennes et de l'OTAN. Il aurait pu évoquer, puisqu'il a le don d'adapter son discours à son auditoire, les invasions que notre pays a eu à subir par des puissances voisines. Il a choisi une autre référence, celle de la bataille d'Ypres, pour illustrer le calvaire vécu à Marioupol."L'enfer sur terre", décrit-il. C'est peu de le dire.
Un excellent communicateur qui, tout en formulant des remerciements pour l'aide apportée par la Belgique, a aussi l'art de mettre le doigt là où ça fait mal et de la placer face à ses contradictions. Quid du marché diamantaire qui nourrit le régime de Poutine?
Face à ses limites aussi. Que peut la Belgique face aux demandes d'instauration d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de l'Ukraine ou d'adhésion à l'Union européenne?
Rien, ou si peu."Nous entendons votre message. Et je comprends votre frustration", a immédiatement tempéré Alexander De Croo, sur la zone d'exclusion aérienne, craignant (légitimement) tout déclenchement d'un conflit de bien plus grande ampleur sur le continent.
L'allocution historique de ce jeudi aura permis à la Belgique de réaffirmer son soutien et sa solidarité – ce n'est pas vain –aux Ukrainiens, de participer elle aussi à cette tournée diplomatique du président Zelensky, de toucher l'opinion publique. Elle aura permis à l'un ou l'autre élu de se prendre en photo au beau milieu de la scène, de se draper d'une certaine solennité. En aucun cas de répondre aux requêtes, inenvisageables à ce stade, de l'orateur ukrainien.
