Budget wallon : la saison des belles histoires

Un édito de Guillaume Barkhuysen

Un édito de Guillaume Barkhuysen.
Un édito de Guillaume Barkhuysen. ©Belga / Mathieu Golinvaux

L'automne est-il la saison des contes de fées ? Chaque année, lorsque les exécutifs wallons dévoilent leur budget pour l'exercice suivant, la rengaine est la même. Le pouvoir d'achat des Belges sera "préservé", le déficit "sous contrôle", les économies réalisées "sans porter atteinte aux politiques prioritaires", le retour à l'équilibre promis à une échéance proche ou encore un budget finalisé "sans taxe et sans casse" …

Ce pot-pourri de déclarations automnales le prouve : que ce soit sous les gouvernements Dolimont, Di Rupo, Borsus, Magnette ou Demotte, on retrouve à chaque fois les mêmes refrains. Les ménages wallons peuvent souffler : le porte-monnaie ne va pas saigner.

Enfin, pas trop saigner… Car comme pour les factures d'électricité, le diable se cache souvent dans les petits caractères des tableaux.

Car il y a, d'un côté, les désormais traditionnels reports de charges qui vont peser sur d'autres niveaux de pouvoir, comme les communes, et pour lesquels certains contribuables seront, d'une façon ou d'une autre, appelés à mettre la main au portefeuille.

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Il y a ensuite ces nouvelles recettes dont on ne fait pas beaucoup de publicité. Dernier exemple en date ? La baisse de la fiscalité automobile, qui ne compensera pas le surcoût engendré par la mise en place de la vignette pour l'ensemble des conducteurs. Ou encore la suppression de la déductibilité fiscale des titres services. Une suppression annoncée en catimini, sans véritable mention dans le communiqué de presse, qui représentera tout de même jusqu'à 135 € de réduction d'impôt en moins par contribuable. Deux exemples parmi d'autres qui permettent à l'opposition de crier au loup et de prédire – et c'est aussi de saison avec Halloween – que le contribuable wallon se fera, une fois de plus, saigner jusqu'à l'os.

Ces mesures sont-elles raisonnables au vu du contexte budgétaire tendu ou simplement injustes ? C'est au citoyen qu'il reviendra d'en juger. Mais pour qu'il puisse se forger un avis éclairé, encore faudrait-il que l'information soit toujours complète et transparente. Car un budget n'est pas un conte de fées : les citoyens ont le droit de connaître la fin de l'histoire, même lorsqu'elle ne se termine pas de la plus belle des façons.

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