L'association Every'Cat, en grande difficulté financière, lance un appel aux dons : "On a encore de quoi tenir deux mois"
Every'Cat dit être confrontée à un double problème : des besoins croissants sur le terrain et des dons de particuliers qui diminuent dans un contexte de vie chère. Sa directrice, Stéphanie Challe, lance un appel aux dons pour permettre à l'association de continuer à prendre en charge les chats errants.
- Publié le 09-10-2026 à 13h08
- Mis à jour le 09-10-2026 à 13h09

Après onze ans d'activité sur le terrain, l'association Every'Cat se retrouve dans une situation financière préoccupante. Sa directrice, Stéphanie Challe, lance un appel aux dons pour permettre à l'association de continuer à prendre en charge les chats errants.
Every'Cat fonctionne principalement grâce aux dons de particuliers. Mais, contrairement à certaines associations plus anciennes, elle n'a jamais bénéficié d'un héritage ou de grosses donations. "On survit avec des petites donations de 10, 20 ou 50 euros", explique Stéphanie Challe. Des dons qui ont eux aussi tendance à diminuer, les donateurs étant confrontés à l'augmentation du coût de la vie.

Aujourd'hui, l'association estime pouvoir tenir encore environ deux mois. Ses dépenses mensuelles varient entre 5 000 et 15 000 euros. Les frais vétérinaires constituent la principale dépense, devant la nourriture, la litière, le matériel et les déplacements. Every'Cat travaille avec une dizaine de vétérinaires et prend régulièrement en charge des examens ou des interventions plus lourdes.
La facture peut rapidement grimper. "Sur quinze jours, on a eu 11 000 euros et 4 000 euros de frais vétérinaires qui sont tombés d'un coup. Ça nous a complètement massacrés", témoigne la directrice.

Les autres dépenses ont également augmenté. Le prix de la nourriture et de la litière a fortement progressé ces dernières années. Stéphanie Challe passe par ailleurs une grande partie de son temps sur les routes pour intervenir sur le terrain, parfois jusqu'à 15 ou 18 heures par jour. Elle indique notamment qu'un plein d'essence est passé d'environ 60 à 99 euros.
30 terrains en attente
Les difficultés financières arrivent alors que les demandes ne cessent d'augmenter. Every'Cat intervient notamment sur des terrains où des chats abandonnés se sont reproduits, parfois en grand nombre. Il y a quelques mois, l'association a ainsi pris en charge un "chantier", une prise en charge, de 65 chats.

Aujourd'hui, 30 terrains sont en attente dans les six communes partenaires de l'association. Certains dossiers attendent depuis six mois. "Si maintenant il n'y avait pas de chantiers qui se rajoutaient, j'ai au moins deux ans de travail qui m'attendent devant moi", estime Stéphanie Challe.
Faute de place et de moyens, Every'Cat doit aussi refuser quotidiennement certaines prises en charge. Lorsque le chat n'est ni malade ni blessé et qu'il se trouve dans un environnement relativement sécurisé, l'association demande aux personnes qui le signalent de le nourrir, de lui fournir un abri ou, si possible, de l'accueillir temporairement.
L'association assure déjà le suivi de plusieurs centaines de chats vivant à l'extérieur après leur stérilisation, auxquels s'ajoutent les animaux actuellement pris en charge.
Jusqu'à 1 000 euros pour une opération
Les interventions peuvent représenter plusieurs centaines d'euros. Dernier exemple en date : un matou non castré apparu sur un point de nourrissage traînait une patte arrière. Une intervention orthopédique, consistant à raboter la tête du fémur, doit être réalisée. Son coût est estimé entre 500 et 1 000 euros.
Même lorsqu'il est en bonne santé, un chat sorti de la rue nécessite plusieurs soins : stérilisation, identification par puce électronique, deux vaccinations, vermifuge et déparasitage. Selon l'association, cette prise en charge de base représente déjà 200 à 300 euros, avant d'éventuels examens ou traitements supplémentaires.
"Notre politique, c'est qu'on ne peut pas euthanasier un animal par faute de moyens", insiste Stéphanie Challe. Mais sans amélioration de la situation financière, elle prévient qu'Every'Cat pourrait devoir cesser d'accepter de nouveaux chats afin de continuer à assurer les soins et le suivi de ceux qui sont déjà sous sa protection.