Faire bouger les jeunes grâce à leur smartphone, le défi de Marie à Arlon : "Pour gagner du temps de déverrouillage, l'utilisateur doit réaliser des exercices physiques"
Marie Gillet, une jeune arlonaise de 20 ans, a imaginé Mov@me, une application qui transforme le temps passé sur les écrans en motivation pour bouger ! Elle nous explique son concept.
- Publié le 09-10-2026 à 06h00
- Mis à jour le 09-10-2026 à 14h44

Marie Gillet, comment est née l'idée de créer mov@me ?
L'idée est partie d'un constat assez simple: le smartphone occupe une place énorme dans nos vies aujourd'hui. On parle beaucoup du temps passé devant les écrans, du "scrollage" compulsif et de la sédentarité, notamment chez les jeunes. Plutôt que de simplement interdire ou limiter le téléphone, j'ai voulu chercher une solution plus constructive à savoir faire du smartphone un outil qui incite à bouger.
Concrètement, comment fonctionne votre application?
Mov@me fonctionne notamment comme un bloqueur d'applications. Pour gagner du temps de déverrouillage, l'utilisateur doit réaliser des exercices physiques. Une technologie de détection des mouvements par caméra permet de vérifier les exercices effectués. Elle sert en somme de compteur de répétitions intelligent pour valider l'effort en direct
Vous vous adressez particulièrement aux jeunes ?
Oui, même si le problème touche aujourd'hui toutes les générations. Les jeunes sont particulièrement exposés aux réseaux sociaux, aux jeux et au temps passé sur leur téléphone. L'objectif est de leur proposer une alternative motivante plutôt qu'un simple système de restriction.
Vous avez également imaginé un système de récompenses…
C'est effectivement un élément important. Le jeune choisit entre un et trois objectifs de motivation: cela peut être de l'argent de poche, une paire de chaussures, du maquillage ou autre chose. Il définit ensuite son objectif quotidien, avec 100, 200, 300 ou 400 mouvements, et choisit une durée de 30 ou 90 jours. À la fin, son pourcentage de réussite détermine s'il a réellement atteint son objectif et mérite sa récompense.
Vous misez beaucoup sur la gamification. C'est essentiel pour rendre l'expérience attractive ?
Les jeunes sont habitués aux codes des jeux vidéo. Avec Mov@me, chaque effort permet de faire progresser son personnage et de débloquer des équipements, notamment des pièces d'armure.
L'application permet-elle également de jouer avec ses amis ?
Oui. Nous avons prévu un mode multijoueur dans lequel il est possible de défier ses amis en leur envoyant des exercices à réaliser dans un délai donné. L'idée est d'introduire une dimension sociale et ludique dans l'activité physique.
Vous proposez aussi des défis particuliers ?
Oui, notamment le mode Survival. Le principe est d'enchaîner les exercices et de rester actif le plus longtemps possible. Après 15 secondes d'inaction, la partie s'arrête. Il y a également The Sprint, qui propose un enchaînement cardio intense avec dix secondes de récupération entre les exercices. Plus on va loin, plus on peut obtenir un multiplicateur de gains.
Quelle place les parents occupent-ils dans le dispositif ?
Ils peuvent jouer un rôle important au niveau de la motivation. L'application intègre un contrôle parental protégé par un code PIN. L'enfant ne peut donc pas simplement désactiver lui-même le bloqueur. L'idée est de donner aux parents un outil supplémentaire pour accompagner leur enfant, sans être dans une interdiction permanente.
Quel message souhaitez-vous faire passer avec Mov@me ?
Je ne veux pas opposer le smartphone à l'activité physique. Je pense qu'on peut utiliser l'un pour favoriser l'autre. Mov@me veut simplement proposer une autre relation avec le téléphone: si tu veux davantage de temps d'écran, commence par bouger.
