Deux jeunes bouchers au village
Deux jeunes viennent d'ouvrir la seule boucherie de la commune, à Mellier. Deux passionnés, ambassadeurs de leur métier.

- Publié le 07-08-2018 à 06h00

Ils n'arrêtent pas. Depuis l'ouverture, le 1er août, la boucherie ne désemplit pas. Lundi, c'est jour de congé. Enfin, pas vraiment, puisque Valentin et Élodie multiplient les préparations dans leur atelier. Les deux jeunes viennent d'ouvrir leur boucherie, dans le petit village de Mellier, dans la commune de Léglise. Deux jeunes passionnés qui ont osé investir dans un commerce de proximité.
Valentin Martin, 25 ans, aurait pu choisir la facilité et travailler avec des horaires "normaux" dans une grande chaîne de distribution. Mais là n'est pas sa volonté, lui qui a une mentalité de travailleur indépendant.
La boucherie? Ce n'était pas forcément une vocation au départ. "J'ai fait des études dans l'hôtellerie, puis j'ai essayé la boucherie, à la base pour les horaires, pour ne pas travailler les week-ends et en soirée. Et cela m'a bien plus. " Ils étaient vingt à avoir effectué le même choix que lui. Il n'en restait déjà plus que onze, la deuxième année.
Après trois ans en hôtellerie et trois ans à apprendre son métier de boucher, Valentin Martin n'hésite pas et se lance directement à son compte, avec sa compagne Élodie Nicolay. Devinez où le couple s'est rencontré? Dans une boucherie, bien sûr. Élodie y travaillait comme étudiante, et Valentin comme apprenti.
Jeune et indépendant? "Aucun stress"
À 25 et 29 ans, se lancer comme indépendant dans un secteur où la concurrence des grandes surfaces est rude, voilà qui doit être stressant. "Non, s'exclament en chœur les deux jeunes gens. On aime aller de l'avant. On s'est d'abord lancé comme traiteur indépendant. À la base, on pensait construire une boucherie à Ebly. Et finalement, on a eu la possibilité d'acheter celle-ci à Mellier (NDLR: d'où est originaire Valentin Martin). On a fait des travaux, on a modernisé le magasin. On n'a pas eu peur. Tant qu'on est courageux!"
Du courage, les jeunes bouchers, soutenus par leur famille, n'en manquent pas. Le jour de l'ouverture, ils étaient debout à 3 h, pour les préparations, et couchés à 23 h. Une fois le rythme pris, leurs journées se dessineront sur des horaires 5 h – 18 h.
Local et fait maison
Autre raison pour laquelle les deux Ardennais n'ont pas hésité avant d'ouvrir leur boucherie: "Les gens sont de plus en plus demandeurs de commerces de proximité. Ils veulent savoir d'où proviennent les produits qu'ils consomment", souligne Élodie Nicolay, qui est originaire de Vaux-sur-Sûre.
Dans la boucherie Martin, la viande de bœuf provient de la ferme Marenne, de Thibessart, un village voisin de Mellier.
Et la viande de porc? "C'est plus compliqué, répond Valentin Martin. Si j'ai besoin de 100 kg d'épaule, je ne peux pas demander à un éleveur du coin de tuer 100 porcs et ne prendre que les épaules." Et l'élevage de porc n'est pas enraciné dans la province, comme l'est celui du bœuf.
Quant aux préparations, c'est bien simple, tout est fait maison. Du boudin, en passant par les salaisons, les thüringers, le pâté, les cervelas… "Chez nous, vous ne trouverez pas dix sortes de pâté et une trentaine de salaisons, mais tout sera fait maison, selon les recettes qu'on a testées et goûtées ", avance les deux bouchers.
Leur jambon? Fumé à l'ancienne, avec de la sciure de hêtre, dans un vieux fumoir traditionnel.
Même chose pour les plats préparés, qui sont confectionnés dans l'atelier de la boucherie: lasagne, quiche, boulettes sauce tomate, vol-au-vent… "Et les boulettes, ce sont de vraies boulettes, on ne les prépare pas avec des restes", souligne Valentin Martin.
Avoir une bonne boucherie dans son village, cela n'a pas de prix. Preuve que les jeunes ont bien fait de se lancer, la boucherie n'a pas désempli pour sa première semaine d'ouverture, avec des clients venant des villages voisins, et même de Rulles. Et on veut bien parier que l'effet "ouverture" passé, une bonne partie de la clientèle restera fidèle!
