Manifestations en Belgique : comment la police identifie les casseurs après les violences à Liège
Caméras, drones, appels à témoins, images des réseaux sociaux… Après les violences liées aux manifestations estudiantines en Belgique, le travail d'identification des casseurs est déjà en cours.

- Publié le 08-10-2026 à 17h00
- Mis à jour le 08-10-2026 à 19h03
"Ici, à Liège, on va utiliser toutes les images que nous trouverons et qui seront à notre disposition." Après les violences et les dégradations commises ces derniers jours en marge des manifestations estudiantines en Belgique, les investigations judiciaires ont commencé pour identifier les fauteurs de troubles. Un travail minutieux, alors que certains manifestants dissimulent leur visage sous une capuche, un masque ou un foulard. La police locale entend exploiter toutes les images disponibles, même si les modalités précises des investigations doivent encore être définies.
Des caméras capables de zoomer sur un suspect
Pour identifier les auteurs de débordements, les enquêteurs peuvent s'appuyer sur un large éventail d'images. Celles des caméras urbaines, les enregistrements des bodycams portées par les policiers, celles provenant des réseaux sociaux mais aussi les prises de vue réalisées par des drones ou, lorsqu'ils sont mobilisés, par les hélicoptères de la police fédérale.
L'autopompe de la police fédérale, en action dans la Cité ardente depuis le début des émeutes, dispose également de son propre dispositif de captation. Avec cinq caméras. Plusieurs d'entre elles sont installées au niveau du pare-brise, mais aussi autour du véhicule, tandis qu'une autre peut être déployée au-dessus de celui-ci. Un agent est spécifiquement chargé de contrôler et d'enregistrer les images. "La qualité du matériel permet désormais de zoomer sur un groupe ou un individu pour tenter de l'identifier", nous dit-on.
Reconstituer le parcours d'un suspect
Toutes ces techniques avaient déjà fait leurs preuves après les émeutes qui ont secoué la Cité ardente le 13 mars 2021. Ce jour-là, les violences dans le centre-ville avaient notamment fait 36 policiers blessés. À la suite d'un appel aux images, les citoyens avaient transmis aux autorités policières 520 vidéos et 198 photos, soit 718 documents au total. Un volume inédit déposé sur une plateforme mise en place par la police. Un appel à témoins avait aussi été lancé. Les enquêteurs avaient ensuite recoupé les séquences pour reconstituer le parcours des suspects, d'une caméra à l'autre. Un travail minutieux, parfois compliqué par les cagoules, les masques ou les visages dissimulés, mais qui avait permis d'identifier 91 suspects sur les 110 recherchés.
De nouveaux appels à témoins ?
La police pourrait-elle renouveler cette démarche après les violences récentes ? De nouveaux appels aux images et aux témoins pourraient être lancés dans le cadre des enquêtes en cours, même si aucune décision n'a encore été prise.
À Liège, la police indique en revanche qu'elle ne prévoit pas, à ce stade, de se rendre dans les écoles pour tenter d'identifier les auteurs à partir de photographies. Une méthode qui aurait déjà été utilisée dans d'autres régions.
