Un veau tué par un loup près de Wittimont ? "Il y a deux ans, le loup avait déjà attaqué dans cette pâture"
L'attaque d'un veau sur la commune de Léglise suscite l'inquiétude d'éleveurs. Des indices portent à croire que l'animal a été la cible d'un loup. Une hypothèse qui doit encore être vérifiée.

- Publié le 23-09-2026 à 06h13

Découverte glaçante pour Jérôme Léonard. L'agriculteur de Wittimont (Léglise) a découvert lundi matin un veau mort dans une pâture à Narcimont, le hameau voisin. "Il a été attaqué à la panse", nous explique l'éleveur.
Plusieurs indices portent à croire qu'il a en partie été dévoré par un loup, mais cette hypothèse ne peut encore être confirmée à ce stade.
"Il y a deux ans déjà, un loup avait attaqué un de nos veaux dans cette même pâture ", rappelle Jérôme Léonard, qui tient la ferme familiale avec son père, Laurent.
Cette fois, la bête visée pesait entre 200 et 250 kg. "Des caméras placées par des chasseurs ont capté des images d'un loup à 1 km de la ferme environ", rapporte l'éleveur. Lundi, en fin de journée, il n'avait pas encore pu approcher les vaches présentes dans la pâture tant ces dernières étaient encore effrayées.
Un agent du DNF est venu constater l'attaque et prélever de l'ADN sur la dépouille de l'animal. Il faudra attendre au moins une semaine, probablement deux pour connaître les résultats et déterminer s'il s'agit bien là de l'œuvre macabre d'un loup.
Principalement à Nassogne et Tenneville
Ces dernières semaines, les attaques sur le bétail se multiplient surtout du côté du massif de Saint-Hubert, principalement sur les communes de Tenneville et Nassogne. Si le prédateur vise surtout des ovins, il peut aussi s'attaquer à des veaux.
Rappelons que deux meutes de loup sont installées en province de Luxembourg, l'une dans la forêt de Saint-Hubert (un couple et au moins 5 louveteaux), l'autre dans celle d'Anlier (un couple et 8 louveteaux).
"Cela ne fait que commencer, craint Jérôme Léonard.On fait vêler les vaches en intérieur, on garde les veaux une quinzaine de jours avant de les sortir en pâture. Celui-ci avait trois bons mois. On ne peut quand même pas garder les veaux à l'intérieur !"
En attente du nouveau Plan Loup
Dans le milieu de l'élevage, on n'apprécie guère la présence de ces deux meutes de loup. Et les récentes attaques sont largement commentées. Nombre d'agriculteurs espèrent que le nouveau Plan Loup en Wallonie, attendu avant la fin de cette année, permettra de solutionner la problématique.
Vite dit
Loup tué sur la N4: identité encore inconnue
On ne connaît pas encore l'identité du loup tué sur la N4 à hauteur de Bande, le 1er septembre dernier. On suspecte qu'il s'agisse du mâle de la meute de Saint-Hubert. Si le prédateur percuté par une voiture est bien de lignée germano-polonaise, on ne connaîtra son identité que début octobre, pour peu que l'ADN récolté soit de suffisamment bonne qualité.
De nouvelles portées attendues au printemps
La province de Luxembourg abrite deux meutes de loups: l'une en forêt d'Anlier (un couple et 8 louveteaux), l'autre en forêt de Saint-Hubert (un couple et minimum 5 louveteaux). Les louveteaux seront amenés à quitter le territoire familial entre leur 1 et 2 ans. Les premiers loups nés à Anlier et Saint-Hubert devraient donc se disperser au début de l'automne prochain. Alors qu'au printemps, de nouvelles portées pourraient voir le jour.
Un risque ténu pour l'homme
De plus en plus, on entend et on voit surgir sur les réseaux sociaux, la peur qu'un des loups présents en province de Luxembourg attaque un promeneur, un enfant qui joue en lisière de forêt, un cycliste… Les nombreuses attaques sur le bétail font resurgir cette peur ancestrale du loup, ancrée culturellement en nous, et alimentée depuis notre plus tendre enfance par le grand méchant loup des contes.
Quels sont les risques qu'un loup s'en prenne à un être humain ? À vrai dire, ils sont extrêmement faibles, le loup craignant naturellement l'homme. Bien évidemment, le risque zéro n'existe pas. En Europe, entre 2002 et 2020, seuls 13 incidents ont été recensés. Aucun mortel.
En Allemagne, une femme a été mordue par un loup en mars dernier. Le premier incident de ce type depuis près de 30 ans, alors que le pays compte environ 1 600 loups. Cet été, deux attaques ont été recensées en Italie. Aux Pays-Bas, un loup déviant a mordu, l'année dernière, une joggeuse puis un enfant. En Belgique, au vu de son comportement, la décision d'abattre l'animal aurait été prise bien plus rapidement.
En guise de comparaison, le risque est bien plus grand de se faire mordre par un chien errant que par un loup, et en forêt de se faire attaquer par une laie protégeant ses marcassins que par un loup.
Un loup dans une ferme ? "Il faudrait agir de manière radicale"
Alain Licoppe, vous êtes coordinateur du Réseau Loup, la période de chasse ainsi que l'automne et l'hiver arrivant, peuvent-ils modifier le comportement du loup ?
De l'expérience qu'on a, si le loup est présent sur un territoire chassé, que ce soit en battue ou en poussée silencieuse, il le quitte. Il perçoit assez vite que quelque chose se prépare et a tendance à éviter ces zones-là.
Pour le chasseur, ce qui est plus compliqué, c'est le déplacement du gibier. Le loup peut perturber des journées de chasse, modifiant le comportement du gibier.
Est-ce qu'en hiver et en période de chasse, le loup pourrait attaquer davantage en dehors de la forêt pour se nourrir ?
Si les ressources alimentaires sont suffisantes pour se nourrir en forêt, il préférera rester en forêt.
Généralement, les chasseurs vident les animaux tués en forêt, et y laissent les tripes. Cela peut profiter au loup qui est un charognard.
En hiver, les attaques les plus courantes sont celles de loups en dispersion, mais ils ne sont pas tolérés dans les territoires occupés par d'autres loups.
Des éleveurs s'inquiètent. Est-ce que le loup pourrait venir en étable ou en bergerie pour s'alimenter ?
Si un loup s'introduit dans une exploitation, c'est une situation problématique qu'on essayera de résoudre. Il faudrait agir de manière radicale.
C'est-à-dire ? Tuer ce loup ?
D'abord lui faire la peur de sa vie par effarouchement. Et si cela ne fonctionne pas, le tuer, oui.
On imagine que ce type d'attaque est peu fréquent ?
C'est arrivé une fois, dans une bergerie en France. Un loup en dispersion. Les autorités françaises ont éliminé le prédateur.
