Graide: les scouts ont allumé la mèche, ils doivent mettre les bouts
Le bourgmestre de Bièvre a émis un avis d'expulsion d'une unité scoute originaire du Brabant wallon et installée à Graide. Motif: ils ont tiré un feu d'artifice en période de sécheresse.

- Publié le 17-07-2026 à 18h25
- Mis à jour le 17-07-2026 à 18h40

Dans la commune de Bièvre, des scouts doivent regretter d'avoir allumé la mèche. Et d'avoir tiré le 15 juillet un feu d'artifice en pleine période de sécheresse au cœur de la nature graidoise. Ils n'ont pas fait les choses à moitié, en déclenchant un petit show pyrotechnique à coups de boîtes de fusées et de mortiers d'artifice. Le bourgmestre, Michaël Modave, n'a guère apprécié le spectacle, ni le risque associé. Au point d'émettre ce vendredi un avis d'expulsion de l'unité scoute concernée, originaire du Brabant wallon. "Je suis quelqu'un de diplomate, mais parfois il faut faire preuve de fermeté, précise Michaël Modave. À leur arrivée à Bièvre, les responsables du camp ont reçu les consignes d'interdiction de la part de l'agent constatateur de la Commune, de leur fédération scoute et du propriétaire du camp. Celui-ci fait même signer une charte à ses locataires. Trois sources les ont prévenus et ils n'ont pas eu de meilleure idée que de tirer un feu d'artifice."
La pâture où ils campent est particulièrement sensible, bordée de forêts d'épicéas et de champs de broussailles.
48 heures pour ranger les tentes
D'ici dimanche, 16 heures, les six chefs et 32 animés doivent avoir mis les bouts. Deux jours pour démonter les pilotis, replier les tentes et ramasser leurs regrets. "Ils bénéficient d'un délai de deux jours pour la remise en ordre du lieu de camp et l'organisation du rapatriement des animés" précise Coline Wellemans, porte-parole de la fédération scoute.
Le camp était déjà avancé et la pâture garnie de nombreuses constructions, d'où le délai élargi à 48 heures. "Le camp devait se terminer milieu de semaine prochaine" précise Michaël Modave.
Feux interdits sur toute la province
Le 9 juillet, le gouverneur de la province de Namur, Denis Mathen, a adopté un arrêté de police "sécheresse" pour réduire les risques de départ de feu. Celui-ci est toujours en cours.
Parmi les interdictions, certaines concernent directement les camps scouts: pas de feux récréatifs, de feux de veillées, de feux d'artifice, de feux sur le sol.
"Les feux d'artifice dans les camps scouts sont aussi proscrits par un règlement communal. Que ce soit la sécheresse, ou pas, c'est intenable pour les riverains si tous les camps scouts tirent des feux d'artifice." ajoute le bourgmestre.
Seuls les feux surélevés et destinés à la cuisson, dans des tonneaux, sur des barbecues ou sur une table à feu sont autorisés.
La seule expulsion de l'été
L'expulsion d'un camp est rarissime. Il s'agit de la première expulsion de l'été sur les 5 000 camps qui se tiendront cet été en Belgique. Dans l'immense majorité des cas, les relations entre les Communes, les riverains et les scoutes sont cordiales. "Je suis bourgmestre depuis 2019, on accueille plus de 80 camps par an à Bièvre et c'est la première fois que je signe un tel arrêté d'expulsion" confirme Michaël Modave.
La fédération scoute approuve la décision communale. "Nous regrettons l'impact sur les enfants. La décision est ferme, mais on comprend que le bourgmestre préfère ne pas prendre de risques."La Commune et la fédération accompagnent les six responsables scouts dans le rapatriement des animés et la logistique liée à ce camp avorté. "Nous les aiderons à rapatrier les enfants dans le calme, pour ne pas transformer cet incident en drame", conclut la fédération.
