Préavis de grève à l'académie de police de Namur: "Le stand de tir ne fonctionne pas depuis des mois!"
Le Syndicat National du Personnel de Police et de Sécurité (SNPS) dénonce une gestion chaotique à l'académie de police de Namur.

- Publié le 30-09-2026 à 17h31
- Mis à jour le 30-09-2026 à 17h36

"Je suis en contact régulier avec tous les chefs de corps, et tous s'en plaignent, les policiers qui sortent de l'académie de Namur sont les moins bien formés. La direction est dépassée, l'académie a très mauvaise réputation" lance Thierry Belin, secrétaire national du SNPS, connu pour son verbe aiguisé.
Ce mercredi, ce syndicat policier a lancé un préavis de grève au sein de l'académie de police namuroise, valable du 12 au 23 octobre. Pour cause, une gestion décrite comme chaotique de l'institut de formation des nouveaux policiers, sous tutelle provinciale. "Il y a un stand de tir qui ne fonctionne pas depuis des mois. Rien n'est fait pour le réparer, les policiers ne sont pas formés au tir correctement. Des instructeurs de tir doivent donner cours en tirant à sec. Et ce sont ces policiers qui seront susceptibles d'utiliser une arme en fonction !" continue Thierry Belin.
Et de décrire des aspirants obligés de prendre leurs véhicules personnels pour se rendre à Walcourt sur d'autres stands de tir. "Cela prend du temps et l'académie supprime donc d'autres cours sans les reprogrammer. Par exemple, une classe s'est fait buser sur un cours - descente sur les lieux - qu'elle n'a même pas reçu, car il a été annulé à cause des déplacements vers les stands de tir."
Le représentant syndical énumère les griefs avec des mots durs envers la direction de l'académie et la députée provinciale en charge de l'enseignement (et donc de l'académie), Sabine Laruelle (MR). "Il y a de l'incompétence de la part de la direction de l'académie, qui nous ment. Elle fuit ses responsabilités et le politique ne bouge pas."
Deux audits en cours
Sabine Laruelle, députée provinciale, n'y va pas par quatre chemins: "Oui, il y a des choses qui ne tournent pas comme elles devraient tourner à l'académie de police, mais dire qu'on ne fait rien, c'est totalement faux."
Au printemps dernier, la députation provinciale a commandé deux études indépendantes sur l'académie de police: un audit sur le fonctionnement organisationnel et une analyse psychosociale. Le but est d'objectiver les difficultés rencontrées par l'académie de police, son personnel et ses aspirants. Et ce, pour proposer des pistes d'actions concrètes et efficaces à court, moyen et long terme.
Ces études n'ont pas attendu les griefs de Thierry Belin, souligne la députée. "Nous n'avons pas encore les conclusions des deux études. Moi aussi, j'aurais aimé qu'elles se réalisent en deux jours, mais ça prend plusieurs mois, c'est comme ça. Nous avons une réunion programmée le 5 novembre avec les quatre syndicats et le comité de concertation pour partager les conclusions de l'étude et ce que nous comptons mettre en place. Il semble que M. Belin aimerait écrire les conclusions avant la fin." Quant au stand de tir, même cas de figure. Sabine Laruelle reconnaît qu'il n'est pas fonctionnel tout en écartant les accusations du syndicat. "Évidemment qu'il est en cours de réparation, cela n'arrange personne qu'il n'est pas fonctionnel. Mais ici aussi, cela prend plus de temps que prévu."
Entre le SNPS et l'académie, pas besoin de stand pour tirer à boulets rouges.
