Apéro politique de Mathilde Vandorpe chez TRBA à Mouscron : Thibault Morel l'avale de travers…
Organiser son apéritif politique au sein d'une entreprise ayant décroché des marchés publics à Mouscron, ce n'est pas du goût du PTB. Thibault Morel dénonce un possible conflit d'intérêts. Mathilde Vandorpe réfute fermement ces accusations, rappelant le caractère caritatif de l'événement. "C'est une attaque personnelle nauséabonde", dit-elle.

- Publié le 08-10-2026 à 18h37
- Mis à jour le 08-10-2026 à 18h57

"C'est l'heure de l'apéro" pour Mathilde Vandorpe, qui a choisi les locaux de l'entreprise mouscronnoise TRBA pour accueillir le public, ce dimanche 11 octobre. Une invitation qui n'a rien d'anormale dans le chef de mandataires politiques mais qui fait grincer des dents au PTB.
Thibault Morel, chef de groupe au conseil communal, s'est fendu d'un communiqué dans lequel il déclare se poser de sérieuses questions sur l'organisation de cet "apéro politique chez un opérateur économique bien connu et œuvrant avec de nombreux pouvoirs et organismes publics dans la région de Mouscron."
"Des apparences de copinage"
"C'est curieux pour une députée wallonne faisant partie de la majorité, pour une ancienne échevine et actuelle cheffe de groupe du parti qui dirige la Ville de tenir son événement au sein d'une société soumissionnant pour de nombreux marchés publics […]. Une entreprise dont les intérêts économiques sont si étroitement mêlés à des relations avec le monde politique. Au niveau des apparences d'impartialité et de copinage, cela pose question", soutient-il.
Le représentant du PTB remet clairement en cause la probité de Mathilde Vandorpe en soulevant, au travers d'allusions à peine voilées, un potentiel conflit d'intérêts. Une accusation relativement grave. M. Morel cite plusieurs exemples de chantiers attribués à TRBA, comme le réaménagement de la Grand-Place, la construction du recyparc de Mouscron, l'installation d'un plateau surélevé, rue de la Passerelle, etc.
S'il admet que rien n'interdit à un élu de chapeauter un apéro dans un lieu privé, Thibault Morel brandit l'article 72 du règlement d'ordre intérieur (ROI) du conseil communal. Celui-ci engage les membres de l'hémicycle à refuser tout cadeau, faveur, invitation ou avantage qui pourrait influer sur l'impartialité avec laquelle ils exercent leurs fonctions. Il est aussi question de prévenir les conflits d'intérêts et de refuser tout favoritisme.
"Je ne transgresse aucun engagement"
Bien que cela fasse partie du jeu politique, la députée wallonnne et cheffe de groupe des Engagés de Mouscron considère la sortie du conseiller PTB comme une attaque personnelle aux relents nauséabonds. "Ces accusations sont inopportunes et déplacées, assure Mme Vandorpe. Puisque l'on me soupçonne de conflit d'intérêts et de copinage, je tiens à rétablir la vérité avec la transparence qui m'a toujours caractérisée. Mon apéritif annuel poursuit un objectif purement et uniquement solidaire. L'intégralité des bénéfices est reversée à une bonne cause ("C'est positif mais là n'est pas le problème", signale M. Morel). Cette année, les fonds seront attribués à l'association New Mobility, dont la mission est de favoriser l'accès au sport pour les personnes en situation de handicap."
S'agissant de l'article du ROI, Mathilde Vandorpe le martèle avec force : "Je ne transgresse aucun des engagements qui y figurent. Lors des éditions précédentes de mon apéro au sein d'autres entreprises, cela n'a jamais débouché sur un marché, un contrat ou un quelconque avantage commercial pour qui que ce soit […].
Si l'on pense que ces entrepreneurs ont recherché un certain intérêt, je réponds formellement non : ils ont simplement participé à un bel élan de solidarité en mettant un local à disposition et en aidant donc concrètement des familles du Nouveau-Monde, des personnes porteuses d'un handicap et leurs familles, des enfants issus de l'Escabelle, des enfants autistes et leurs familles. La différence de visions est ici évidente."
La députée hurlue rappelle qu'elle ne siège pas dans l'exécutif, que ce soit à la Région wallonne ou au niveau du collège communal de sa ville. "Je n'attribue aucun marché public, je ne signe pas de bon de commande et n'ai aucun pouvoir d'attribution dans ce type de dossiers. Nous vivons apparemment une époque où le soupçon permanent et l'attaque stérile remplacent le débat de fond", fulmine-t-elle.
