Les sangliers passent à l'attaque à Péruwelz, le long de la frontière franco-belge : "Jamais vu ça ici en près de 60 ans", assure André Lamblin
Le jardin de l'ex-bourgmestre a été complètement labouré par ces animaux. Des dégâts impressionnants qui impactent aussi d'autres riverains.

- Publié le 07-10-2026 à 17h30

André Lamblin ne sait plus à quel… sanglier se vouer. L'ex-bourgmestre de Péruwelz, qui habite à la frontière franco-belge, rue de Saint-Amand à Péruwelz, a eu la désagréable surprise de constater les dégâts causés par ces bestioles sur sa propriété. Elle est située en bordure immédiate de la frontière. A l'arrière de la propriété d'André Lamblin, c'est la France.
"C'était il y a une semaine environ. Nous avions d'abord eu les choucas dans le jardin, passe encore. Des chevreuils aussi, qui venaient manger les roses. Les sangliers, je n'avais jamais connu ça ici alors que j'habite à cet endroit depuis 59 ans", confie l'intéressé.
André Lamblin envisage la pose d'une clôture électrique alors que, jusqu'à présent, les haies faisaient office de clôtures. Les sangliers s'y sont engouffrés. Ils sont revenus sur sa propriété à trois reprises, avec à chaque fois un ou deux jours d'intervalle. "Il va falloir refaire toute la pelouse et donc sans doute faire abattre une haie latérale afin qu'un tracteur puisse passer, se désole André Lamblin, qui aime bichonner sa pelouse. Tout ça va engendrer des frais. J'attends le devis. Plusieurs voisins sont aussi impactés."
C'est le cas d'André-Michel Privé, ex-échevin des travaux à Péruwelz. Pour un peu, autour de la table, on aurait pu refaire le match du conseil communal, comme au bon vieux temps… André-Michel Privé plaide pour une réunion franco-belge englobant côté français l'ONF, l'office national des forêts, et côté wallon le DNF, le département de la nature et des forêts.
En cinq minutes
En attendant, les sangliers ne connaissent pas les frontières. Prévenu des désagréments causés à plusieurs propriétés, Christophe Hansart s'est déplacé. Il est président français de la chasse en forêt de Bon-Secours. "Nous sommes adjudicataires de la forêt, nous la louons, nous précise-t-il. Normalement, nous commençons à chasser le sanglier le 1er novembre. Là, nous allons débuter le samedi 17 octobre. Nous invitons les promeneurs et cueilleurs de champignons ou de châtaignes à porter un vêtement fluo."
Quand il se penche sur les traces laissées par les sangliers dans la pelouse d'André Lamblin, Christophe Hansart repère quelques indices. "Vous voyez cette empreinte ? C'est celle d'une bête de 35 à 40 kilos. En cinq minutes, les sangliers peuvent tout ravager. On a de la bonne terre ici. Ils cherchent les larves de hannetons et les vers de terre. Ils ont besoin de protéines."
Certaines astuces peuvent les déranger voire les éloigner. "Comme les lampes solaires avec des détecteurs, ou encore la pose de cheveux, signale Christophe Hansart. Les sangliers n'aiment pas sentir l'odeur humaine. Un transistor avec un peu de musique, signe d'une présence, peut aussi les embêter. Le dernier recours, c'est la chasse. Je ne veux pas laisser ces riverains sans réponse. Avec mon équipe, nous allons organiser des battues."
On se souviendra que début 2025, pareils dégâts avaient été relevés à Blaton, du côté du Chemin Royal et de la Grande Bruyère, où plusieurs riverains avaient été impactés au niveau de leur pelouse, que ce soit à l'avant ou à l'arrière de leur habitation.
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