David Goffin, ou le triomphe du travail

Un édito d'Adrien Vigneron sur le tennisman liégeois, qui vit ses dernières heures sur les courts professionnels cette semaine.

A mural for the retirement of David Goffin of Belgium pictured at the European Open ATP tennis tournament in Brussels, on Tuesday 20 October. This year's edition of the tournament is taking place from 17 to 25 October
BELGA PHOTO JASPER JACOBS
David Goffin dispute son dernier tournoi à l'European Open de Bruxelles. ©Belgaimage

À bientôt 36 ans, David Goffin a entamé son ultime tour de piste. Ce mercredi, il disputera peut-être son dernier match professionnel en simple, à Bruxelles, devant son public.

Soyons tout de suite franc. Oui, il y a eu des moments où l'on aurait voulu traverser notre écran de télévision pour le secouer. Son caractère réservé, voire parfois carrément neutre, l'a sans doute pénalisé vis-à-vis de l'image qu'il renvoyait dans l'opinion publique (merci les réseaux sociaux, surtout). "Mais on ne doit pas vouloir changer les gens", nous racontait récemment Thierry Van Cleemput, son entraîneur de 2014 à 2019. Il a raison. Derrière l'athlète, il y a l'humain, avec son tempérament et ses émotions, même s'il ne les montre pas.

Goffin n'a jamais été du genre à s'épancher. Toute sa carrière, il a préféré travailler. Il n'est pas né avec la fée balle jaune au-dessus de son berceau et ne survolait pas les catégories d'âge. Mais ce passionné a tout fait pour progresser, au point que ses coachs s'accordent à dire qu'il a exploité tout son potentiel.

Atteindre le 7e rang mondial à l'époque du Big 3, c'est tout simplement remarquable. Goffin a battu Federer, Nadal et Djokovic. Peu de joueurs peuvent en dire autant. Sans la puissance des grands gabarits ni un service dévastateur, le Liégeois a grimpé grâce à sa vitesse de réaction, son coup d'œil ou son retour.

Après l'ère Henin – Clijsters, on attendait sans doute trop de lui. Bien sûr, il y a eu des occasions manquées. Sa fiche ne mentionnera jamais de demi-finale en Grand Chelem. Mais plutôt que de vouloir réécrire l'histoire, réjouissons-nous des bons moments qu'il nous a offerts. En Coupe Davis (29 victoires pour 6 défaites individuelles), il a rarement failli au moment de représenter son pays. Sans lui – et Steve Darcis –, la Belgique n'aurait jamais atteint deux finales, en 2015 et 2017.

Avec six titres ATP et le meilleur palmarès du tennis belge masculin, il peut partir avec le sentiment du devoir accompli. Son parcours rappelle jusqu'où le travail et l'abnégation peuvent mener. Raphaël Collignon, désormais N.1 francophone, le rappelait : Goffin l'a inspiré. Les instances du tennis et du sport belge feraient bien de capitaliser sur son exemple. Et lui proposer, pourquoi pas, un rôle dans leurs structures. Afin que son expérience permette à d'autres de performer au-delà des attentes.

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