Elections 2009 - MR : l'inquiétude au sein des bleus

La fête prévue au MR a laissé la place à l'inquiétude. Alors qu'un retour au pouvoir semblait acquis, les militants déchantent et s'inquiètent pour l'avenir.

Elections 2009 - MR : l'inquiétude au sein des bleus
399248 ©(photo Belga)

Les mines sont sombres. Les sourires discrets. L'inquiétude règne dans ce bar branché bruxellois, à deux pas de la très chic Avenue Louise à Bruxelles, là où le Mouvement Réformateur a pris l'habitude de réunir ses militants pour la publication de ses résultats électoraux.

Pourtant, au fil des derniers jours et des sondages, la probabilité de revenir au pouvoir en Wallonie, à Bruxelles et en Communauté française était réelle.

Mais voilà, l'espoir d'un retournement de situation s'amenuise peu à peu. Les militants scrutent avec anxiété les nombreux écrans à la recherche d'une éclaircie qui ne vient pas. Ils s'interrogent, débattent en public. Et se repassent sans cesse la campagne électorale.

Une atmosphère plombée en réalité déjà depuis le début de la soirée. La fête programmée chez les bleus ne démarre pas. Seule l'arrivée du président Didier Reynders sur le coup de 19 h 45 a soulevé l'enthousiasme.

Applaudi chaleureusement, l'homme fort du parti s'est d'entrée de jeu voulu rassurant. "Nous redevenons clairement la première formation à Bruxelles." Tonnerre d'applaudissements. Avant d'enchaîner : "En Wallonie, on assiste à un recul sensible du PS. C'est un désaveu pour la majorité sortante." Il n'en fallait pas plus pour réveiller le public.

À nouveau l'opposition

Mais, à peine les interventions des pontes du MR clôturées, l'angoisse revient. Les sourires de façade ne servent plus à masquer les craintes d'une législature de plus dans l'opposition.

"Ce n'est pas bon" soupire un militant.

"Je ne comprends pas l'électeur wallon" rajoute un autre. "L'électeur a la mémoire courte." Chacun y va de sa petite réflexion.

À l'étage, différents petits groupes de militants cherchent à obtenir les résultats. Manque de chance, une partie des ordinateurs prévus pour l'occasion ne fonctionne pas. Retour devant les écrans de télévision où les résultats tombent au compte-gouttes.

Lentement. Trop lentement.

Heureusement, le bar lui est toujours ouvert. Il est pris d'assaut par des militants choqués. Tristes surtout. "La solution en Wallonie ne va sûrement pas s'améliorer. On ne s'attendait pas à cela." Petit à petit, les salons se vident. Seuls les acharnés restent prostrés devant les écrans. Les autres s'en vont, la mine déconfite. C'est qu'ils avaient imaginé une autre fin pour leur journée.

Ou plutôt un nouveau début. Celui du retour aux affaires qui s'éloigne de plus en plus.

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