La scan-car, avec 1 200 contrôles à l'heure, cartonne à Namur: "Faire du chiffre, ce n'est pas notre philosophie"
Namur fait les comptes. Depuis la mise en service de la scan-car en 2022 pour vérifier le stationnement correct des véhicules, les recettes ont explosé. Ce mardi 13 octobre 2026, le conseil communal devra voter la poursuite des activités de ce système plus que rentable.

- Publié le 09-10-2026 à 15h18
- Mis à jour le 09-10-2026 à 21h33

Ce mardi 13 octobre, le conseil communal namurois devra se prononcer sur un nouveau cahier des charges concernant l'usage de la scan-car. Ce cahier des charges pérennisera les activités de cette voiture pas comme les autres pour les 10 prochaines années.
Mise en service en 2022, la scan-car a trouvé sa place dans le paysage namurois. Chaque jour, cette petite citadine électrique blanche sillonne les rues de la capitale wallonne. Équipée de caméras sur son toit, elle lit les plaques d'immatriculation pour contrôler le stationnement en zone bleue et dans les zones payantes avec horodateur.
La scan-car effectue 1 200 contrôles par heure, contre 400 pour un agent à pied
Son efficacité et son rythme effréné de 1 200 contrôles à l'heure, contre 400 pour un agent à pied, en ont fait "un outil indispensable de notre politique de mobilité", comme le souligne Pierre-Yves Dupuis (LE), échevin de la Mobilité. Tellement indispensable que la Ville entend bien le pérenniser, alors que l'actuel contrat de leasing à 160 000 € par an arrive à son terme. Un nouveau cahier des charges sera soumis au conseil communal mardi prochain.
Actuellement, la scan-car ramène 2,3 millions d'euros chaque année.
"Il prévoit la fourniture des équipements nécessaires, y compris les solutions logicielles, ainsi que la maintenance informatique et logistique pour une période de 10 ans", précise l'élu. Montant de l'opération sur la décennie : 1,4 million d'euros. "Mais les recettes annuelles dépassent largement le coût. Actuellement, la scan-car ramène 2,3 millions d'euros chaque année."
"Le but de la scan-car est de favoriser la rotation des véhicules"
Si la scan-car donne satisfaction sur le plan financier, l'efficacité d'un tel dispositif doit-elle être jugée par ce seul prisme ? "Non, répond l'échevin Dupuis. Le but de la scan-car, c'est d'augmenter la capacité de contrôle afin de favoriser la rotation des véhicules." Terminé la mauvaise habitude qui consistait, en zone bleue, à tourner son disque plusieurs fois sur la journée. Reste à savoir si ce contrôle accru invite effectivement les automobilistes à adopter durablement les bons réflexes.
Là encore, la Ville de Namur se montre satisfaite. Depuis 2022, le nombre d'automobilistes pris en défaut de stationnement a augmenté. Cette évolution doit toutefois être mise en perspective avec l'extension du périmètre contrôlé au cours des dernières années. Selon les analyses du cabinet de l'échevin, les chiffres laissent apparaître qu'aujourd'hui, le nombre de redevances forfaitaires au kilomètre carré a diminué. "Et nous constatons que, depuis 2025, nous atteignons un plateau du nombre d'automobilistes pris en défaut", poursuit Pierre-Yves Dupuis.
La scan-car pourrait faire plus de kilomètres encore
À l'avenir, le nombre de kilomètres couverts par la scan-car pourrait encore augmenter. L'option est envisageable et envisagée, sans qu'il soit nécessaire de recourir à un second véhicule.
"Certaines agglomérations similaires à la nôtre disposent parfois de plusieurs véhicules. Mais dans ce cas, cela devient moins un outil de mobilité qu'un outil financier, pour faire du chiffre. Ce n'est pas notre philosophie", commente l'élu.
La Ville souhaite engager 2 agents supplémentaires
Quant aux impacts éventuels du dispositif sur l'emploi, ceux-ci sont nuls. Lors de la mise en service de la scan-car, il y a 4 ans, le service comptait 12 agents et un coordinateur. Le cadre est toujours le même aujourd'hui. "C'est pleinement nécessaire, car il y a de nombreuses images à contrôler en back-office."
La Ville souhaite même renforcer ses équipes. Deux agents supplémentaires pourraient être engagés afin d'accroître la présence sur le terrain et renforcer les capacités en matière de sanctions administratives communales.
