La scan-car à Namur: une surpêche aux PV ?
Des PV en cascade : des commerçants se plaignent de la pression imposée par la scan-car, l'auto qui traque les stationnements illicites.

- Publié le 14-10-2022 à 18h28
- Mis à jour le 14-10-2022 à 18h29

Michèle n'est peut-être pas collectionneuse dans l'âme mais elle est en train de constituer une belle panoplie de documents dont elle se passerait bien. "Depuis la mise en activité effective de la scan-car, j'en suis déjà à sept ou huit PV. En un petit mois…", déplore la patronne du "Dago-Délice", le snack situé derrière la gare de Namur. La scan-car, c'est ce véhicule qui sillonne les rues de Namur, qui lit les plaques minéralogiques et vérifie si le véhicule est en ordre pour son stationnement. Sa redoutable efficacité fait grincer des dents.
"Je suis propriétaire du bâtiment et je tiens ce commerce depuis 15 ans. Il y a même près de vingt ans que je travaille dans le quartier. Donc, je ne suis pas de passage. Et pourtant, on me refuse toujours une carte riverain. Je suis bien évidemment prête à payer mais ça simplifierait nettement les choses", estime Michèle Blaise.
Tous les matins, peu après 7h30, la commerçante arrive à Bomel et décharge aussi des marchandises de sa voiture. En zone bleue, la voiture doit bouger après trois heures. "Mais ce n'est pas évident, parfois en plein rush", souligne Michèle. De plus, il est très difficile de retrouver une place dans le quartier.
Mais la règle était déjà la même avant l'arrivée de la scan-car… "Oui mais avec les agents de la brigade horodateur, il y avait le côté humain. Avant de dresser leur constat, ils venaient d'abord se montrer à la vitrine du commerce. On pouvait alors prendre ses dispositions." La scan-car n'a évidemment pas la même approche.
Même avec une petite auto
Son de cloche identique, un peu plus loin, au comptoir de "La Belle Époque". "Globalement, ça manque déjà de parking et on monopolise encore des places pour les trottinettes alors qu'on pourrait les installer sur la petite place", regrette Shaban Pitoku, le patron du bistrot. "Le siège de ma société est localisé ici, mon auto est une voiture de société et malgré ça, je ne peux pas non plus prétendre à une carte riverain…" Le cafetier souligne aussi la difficulté de trouver une place, au bout des trois heures. "J'ai même changé de voiture, en passant d'une grosse BMW à une petite Polo pour trouver plus facilement un espace", sourit le commerçant. L'humour cohabite avec un certain ras-le-bol. "Tout ça vient en même temps que les coups durs de nos factures énergétiques", déplorent les deux commerçants de Bomel. "Trouver une solution pour arrêter de se ramasser autant de PV, ce serait déjà une manière concrète d'aider les petits commerçants namurois", conclut Michèle Blaise.
