7 % des jeunes conducteurs wallons avouent avoir déjà consommé du gaz hilarant moins d'une heure avant de prendre le volant
Une nouvelle enquête de l'Agence wallonne pour la sécurité routière indique, ce vendredi 12 juin 2026, indique que la consommation de protoxyde d'azote (gaz hilarant) est plus importante chez les jeunes conducteurs (18-34 ans).

- Publié le 12-06-2026 à 10h19
- Mis à jour le 12-06-2026 à 11h12

2 % des conducteurs wallons déclarent avoir déjà consommé du protoxyde d'azote, plus communément appelé gaz hilarant, moins d'une heure avant de prendre la route. On apprend également dans une nouvelle enquête de l'Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR), publiée ce vendredi 12 juin 2026, que ce pourcentage est plus élevé chez les 18-34 ans, où il atteint près de 7 %.
"Les effets du protoxyde d'azote sont quasiment instantanés et provoquent des troubles"
L'AWSR, qui lance une nouvelle campagne de sensibilisation (voir la vidéo en tête de l'article), rappelle les effets directs du gaz hilarant sur la conduite et cite le Professeur Raphaël Denooz, pharmacien biologiste : "Les effets du protoxyde d'azote sont quasiment instantanés et provoquent des troubles cognitifs et psychomoteurs importants pendant environ 5 minutes. La vigilance, la coordination et le temps de réaction sont altérés. Durant cette phase, le conducteur est incapable de conduire en toute sécurité."
Ce ne sont pas les seuls dangers du protoxyde d'azote, selon l'expert judiciaire en toxicologie médico-légale. "L'euphorie et la confiance excessive peuvent encourager des comportements dangereux, comme les excès de vitesse ou les manœuvres inadaptées."
"Certains effets peuvent persister jusqu'à 45 minutes après la prise"
Et Raphaël Denooz de poursuivre : "Contrairement à ce que pensent de nombreux consommateurs, certains effets comme les troubles de la coordination, la baisse de la vigilance ou la désinhibition peuvent persister jusqu'à 45 minutes après la prise, période durant laquelle le risque d'accident reste élevé."
Sans compter les risques liés à l'association de plusieurs substances… "L'association avec l'alcool ou le cannabis accentue fortement les troubles de la conduite et augmente le risque d'accident."
Le cannabis, drogue la plus citée parmi les conducteurs ayant déjà conduit sous influence
Parlons-en, du cannabis. C'est la drogue la plus citée parmi les conducteurs ayant déjà conduit sous influence : 73 % d'entre eux indiquent en avoir consommé, d'après l'Agence wallonne pour la sécurité routière.
"Là aussi, de nombreux usagers ont tendance à sous-estimer les risques au volant," estime-t-on à l'AWSR. "Près de 8 consommateurs réguliers (NDLR : consommation plusieurs fois par semaine) de cannabis sur 10 estiment ainsi être capables de conduire après en avoir consommé."
Le risque d'être impliqué dans un accident grave peut être multiplié jusqu'à 3 fois
"Pourtant, le cannabis altère clairement les capacités de conduite. Sous influence, un conducteur est moins attentif à la route et il éprouve des difficultés à percevoir son environnement et à évaluer les distances. La coordination des mouvements peut être perturbée, la conduite devient hésitante et le temps de réaction s'allonge. Le risque d'être impliqué dans un accident grave peut être multiplié jusqu'à 3 fois."

