Manifestation des élèves: le délégué aux droits de l'enfant dénonce "le 'racisme' des adultes à l'égard des enfants"
Solayman Laqdim, Délégué aux droits de l'enfant, soutient pleinement la démarche des élèves. Il estime que les adultes leur imposent des décisions sans aucune forme de consultation.

- Publié le 08-10-2026 à 09h02
- Mis à jour le 08-10-2026 à 11h43

Encouragements à rentrer à l'école, condamnation des mouvements estudiantins, non-reconnaissance de leur droit à la grève : les étudiants n'ont pas été soutenus de toutes parts par les autorités et ceux qui estiment qu'il est temps de siffler la fin de la récréation.
"La question du droit de grève est consacrée pour le travailleur", analyse Solayman Laqdim, Délégué général aux droits de l'enfant. Mais quid de ce droit pour les mineurs d'âge et les étudiants ? "Si on veut que ces jeunes apprivoisent leur citoyenneté, alors, manifester est une bonne chose", estime-t-il en condamnant également les violences.
Derrière ces mobilisations, il y a aussi des messages à entendre. "Manifester dans un bon cadre est important. Il faut que la parole des enfants et des jeunes soit prise au sérieux. On dépasse l'obligation scolaire car manifester permet de poursuivre un aspect éducatif intéressant."
Pour Solayman Laqdim, les enfants ne figurent pas assez au centre des préoccupations générales. "La société perçoit la jeunesse comme une menace plutôt que comme une forme de progrès. Aujourd'hui, on touche à plusieurs dimensions qui impactent leur avenir." Exemples : le climat et les dépenses publiques. "On a une jeunesse qui se sent peu écoutée et qui, aujourd'hui, manifeste avec un message engagé. Le droit de manifester, ce n'est ni une faveur ni un privilège."
Laqdim dénonce "l'infantisme"
Le Délégué aux droits de l'enfant estime qu'il existe une forme d'" infantisme". "C'est le 'racisme' des adultes à l'égard des enfants quand on prend des décisions qui vont les concerner. "Il cite ainsi un exemple banal mais très révélateur : celui d'aller aux toilettes dans le cadre scolaire "Aucun adulte n'accepterait de demander la permission à son supérieur pour y aller." Il en appelle alors à ce qu'il y ait "des oreilles pour les entendre et les écouter pour en faire une parole agissante."
