Le PS fait sa rentrée : "On est prêts pour de nouvelles élections", estime son président Paul Magnette
À quelques semaines du conclave budgétaire, le parti socialiste effectuait sa rentrée politique. Avec un message clair : la coalition Arizona déraille complètement.

- Publié le 07-09-2026 à 17h17
- Mis à jour le 07-09-2026 à 17h57
Le PS réunissait ses cadres et mandataires ce lundi à Gosselies pour un bureau de parti synonyme de rentrée politique. À quelques semaines du conclave budgétaire du gouvernement De Wever, les socialistes sont, logiquement, revenus sur le budget. Sans surprise, le PS a dénoncé la direction prise par la coalition Arizona, mais aussi les exécutifs de la Région wallonne et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Bilan "catastrophique"
Le président du PS, Paul Magnette, présente ainsi un bilan économique "catastrophique" des différents gouvernements menés par le MR et Les Engagés. Dette, déficit, croissance, taux d'emploi… Le PS a pointé du doigt les nombreux "échecs des gouvernements des droites". Outre le constat, Paul Magnette s'inquiète surtout de la suite. Des mesures seront prises par le gouvernement lors du conclave. Mais la voie empruntée sera-t-elle la bonne ?
Pour des idées comme la hausse de la TVA, le président des socialistes est catégorique : "C'est une très mauvaise mesure, parce que ça touche au pouvoir d'achat et que c'est injuste". Il estime que c'est également mauvais pour l'économie. "Les petits indépendants, les PME etc., vont devoir augmenter leurs prix pour compenser, et ce sont les gens qui vont en subir les conséquences", souligne-t-il. Et quand on lui rappelle qu'il est, sur ce point, raccord avec le président du MR, Georges-Louis Bouchez, le président du PS rétorque que "c'est le rôle préféré du MR dans cette coalition, jouer à 'moi seul contre le monde'. Sauf que le résultat, c'est qu'ils avaient promis des tas de décisions et pas de nouvelles taxes. Et qu'on se retrouve avec des résultats économiques catastrophiques et deux milliards de nouvelles taxes", lors du précédent exercice budgétaire.
Paul Magnette espère donc que d'autres mesures seront prises. Notamment l'impôt sur la fortune. "Je ne crois pas qu'il va tomber comme ça, il va venir par avancée progressive", estime-t-il. Il peut pour cela compter, du moins en partie, sur les socialistes flamands de Vooruit et sur… Les Engagés, dont le président Yvan Verougstraete a émis l'idée d'une participation plus importante des hauts patrimoines. Reste à voir si les premières pierres seront posées par ce gouvernement, malgré la farouche opposition des libéraux.
Le PS prêt pour des élections anticipées ?
En attendant ce conclave, le PS se doit déjà de penser à l'après. Car les discussions s'annoncent houleuses au sein de la coalition Arizona. À tel point que l'éventualité d'une chute du gouvernement n'est plus si farfelue. "On est toujours prêts pour de nouvelles élections", affirme Paul Magnette. "On a fait un travail d'opposition constructive et s'il faut faire un programme synthétique en quelques jours et partir en campagne, oui, le PS est prêt."
Il insiste néanmoins sur le fait qu'il ne cherche pas la chute du gouvernement. Notamment parce que la situation ne sera pas meilleure au lendemain du scrutin. L'équilibre politique pour former un gouvernement restera sans aucun doute très précaire. Et la situation économique sera d'autant plus complexe à améliorer. "Quel que soit le moment où on arrivera, on héritera d'une situation catastrophique. Et je crains que ce soit pire dans trois ans que maintenant", note-t-il en estimant préférer un gouvernement en affaires courantes "qui ne prend pas de décisions, qu'un gouvernement qui prend de mauvaises décisions".
La N-VA en mode sabotage pour aller vers le confédéralisme ?
Le bilan du gouvernement De Wever, tel que dessiné par le PS, est loin d'être reluisant. Pour Paul Magnette, c'est bien évidemment "vraiment préoccupant". D'autant qu'il n'est pas certain que ça ne soit pas, en partie, délibéré. "J'essaie de me dire que ce n'est pas volontaire de la part de la N-VA", confie-t-il. "La Flandre s'en sort quand même un peu moins mal que la Wallonie et Bruxelles. Et Bart De Wever pourrait arriver en 2029 en disant qu'il a essayé, mais que ça n'a pas marché et que la seule solution pour ce pays ingouvernable, c'est le confédéralisme", craint-il.
Une crainte exagérée ? Peut-être. Mais le président du PS est convaincu que "la N-VA ne va jamais faire des choses qui vont assainir le budget, renforcer la solidarité et consolider la Belgique". Il dénonce d'ailleurs "la naïveté désespérante de la part du MR et des Engagés" en ce qui concerne la suppression du Sénat. "C'est pour simplifier le chemin vers le confédéralisme. Ce n'est pas pour faire des économies, mais ça supprime un obstacle potentiel dans une réforme de l'État."
