Comprendre l'univers à 2,5 km de profondeur

L'Université Libre de Bruxelles (ULB) participe à la construction , au Pôle Sud, d'un téléscope chargé de percer les mystères de l'univers.

Son nom: IceCube, bloc de glace en anglais. Son but: comprendre comment s'est formé l'univers. Comment? En plaçant 4800 capteurs dans 1km3 de glace.

Véritable prouesse technologique, la construction du télescope géant dans les glaces du Pôle Sud a pour objectif de détecter des neutrinos (lire ci-contre) qui apporteront de nouvelles explications sur la naissance de l'univers.

Lorsque le télescope sera entièrement opérationnel, en 2011, les chercheurs disposeront de 4800 capteurs sur une surface hexagonale d'un kilomètre cube. À terme, 80 trous, distants entre eux de 125 mètres, seront creusés. La moitié d'entre eux a déjà été installée.

Ni grue, ni foreuse

Pour parvenir à creuser ces galeries de 60cm de diamètre sur 2450 mètres de profondeur, 30000 litres de pétrole et 60000 litres d'eau par trou sont nécessaires. L'eau, chauffée à proximité, est injectée dans le trou. Il faut compter 36heures pour atteindre la profondeur requise.

Les techniciens introduisent alors une chaîne composée de 60 capteurs, contenant chacun un photomultiplicateur et un micro-ordinateur chargé de communiquer avec les scientifiques. Patience ensuite, le temps que la glace se reforme autour des capteurs. Cela peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. "Des modules placés fin février ne sont pas encore complètement emprisonnés", précise Daniel Bertrand, physicien de l'ULB qui participe au projet. "L'eau, dans le fond du trou, n'est pas encore gelée." Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la température à la surface (-40°C) est moins élevée qu'en profondeur (-5°C).

Au sommet du trou, deux réservoirs sont remplis d'eau qui sera gelée en utilisant une technique de dégazage pour veiller à obtenir une glace la plus pure possible. Il ne reste ensuite plus qu'à relier les trous entre eux et une station qui centralisera toutes les informations transmises par les balises emprisonnées.

Éviter les parasites

IceCube, lorsqu'il sera entièrement opérationnel en 2011, permettra, selon Daniel Bertrand, de "rechercher des neutrinos produits par les sources les plus violentes du cosmos: explosion de super novae, trous noirs géants au centre de galaxies, évènements cataclysmiques impliquant trous noirs et étoiles de neutrons."

Le choix du Pôle Sud n'est pas le fruit du hasard. La pureté des glaces permet d'éviter les parasites. Un projet similaire, au large de Toulon, est confronté à des micro-organismes qui perturbent l'opération.

Gageons que la banquise du Pôle Sud, isolée 7 mois par an, ne devrait pas rencontrer les mêmes difficultés.

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