Audition d'Hadja Lahbib à la Chambre: une confiance partie en fumée
La ministre belge des Affaires étrangères était attendue ce lundi à la Chambre pour s'expliquer une nouvelle fois sur l'affaire des visas octroyés à des diplomates iraniens. Une audition qui n'aura pas permis d'éteindre l'incendie.

- Publié le 26-06-2023 à 22h05
- Mis à jour le 27-06-2023 à 07h01

Hadja Lahbib aura eu trois jours pour préparer sa défense. Septante-deux heures pour éteindre définitivement l'incendie qu'elle a elle-même contribué à attiser. Car depuis deux semaines, le feu couve. De la Région bruxelloise, le brasier allumé suite à l'octroi à une délégation iranienne de visas pour venir en Belgique s'est propagé à la maison fédérale. Non sans faire au passage une première victime, le secrétaire d'État bruxellois chargé des Relations européennes et internationales Pascal Smet (Vooruit). L'homme, par qui l'étincelle est arrivée, a préféré prendre ses responsabilités et démissionner.
Une attitude à l'opposé de celle adoptée par la ministre des Affaires étrangères. Hadja Lahbib a d'abord cru bon, poussée dans le dos par son président de parti, de donner une leçon d'éthique à son homologue régional. Une arrogance qui s'est vite retournée contre elle, certains partenaires de majorité ayant encore en mémoire le rôle joué par le MR dans d'autres affaires ayant mené à des démissions. La suite est connue: les tentatives de circonscrire le brasier ont toutes échoué. Et la séance d'hier en commission aura tout juste suffi à freiner la propagation de l'incendie. La ministre aura pourtant tout essayé. À commencer par un changement de ton, salué par tous, majorité comme opposition. Des regrets d'abord, puis des excuses, répétées à plusieurs reprises. "Je n'aurais pas dû réagir de façon si véhémente, ni donner l'impression de rejeter la responsabilité sur d'autres", a-t-elle concédé.
Un volte-face exigé des partenaires mais qui est arrivé trop tard. "Vos excuses pour pas cher ne m'intéressent pas après tous ces parapluies ouverts et tous ces mensonges ", a violemment taclé le député PS Malik Ben Achour, rejoignant l'avis de son collègue Écolo Samuel Cogolati qui regrettait quelques minutes plus tôt les mensonges énoncés depuis le début de cette affaire. La confiance est partie en fumée. Reste désormais à voir quelle sera la réaction du MR. La dernière tentative du parti d'envoyer au front Sophie Wilmès, qui occupait le poste avant de devoir faire un pas de côté pour des raisons privées, pour sauver Hadja Lahbib aura été vaine. Pour mettre un terme à l'incendie, Georges-Louis Bouchez n'a désormais plus le choix: sacrifier sa ministre ou embraser le pays tout entier en débranchant la prise de la Vivaldi. À moins d'un énième miracle à la Belge.
