Entendre la colère des étudiants
Il y a des jours où la Belgique donne envie d'être fière d'elle. Ce mardi en était un.
- Publié le 06-10-2026 à 16h21
- Mis à jour le 08-10-2026 à 09h18

Un Belge a décroché le prix Nobel de physique. Une formidable récompense pour Francis Halzen, qui a consacré sa vie à traquer les neutrinos au pôle Sud. Une fierté, aussi, pour tous ceux qui, ici, continuent de croire que la science peut changer notre monde.
Et puis, presque au même moment, les élèves et étudiants entamaient leur quatrième jour de mobilisation. Après Liège, le mouvement s'est étendu vers Mons, Charleroi, Bruxelles. "Diplômés mais endettés", "Le minerval augmente, notre colère aussi", ils ont manifesté avec leurs pancartes, leurs slogans et leur inquiétude.
Et c'est ici que ces deux actualités mises ensemble interpellent. Car d'un côté, un scientifique belge nous rappelle ce dont un être humain est capable lorsqu'il peut bénéficier de moyens et de l'autre, les étudiants nous rappellent qu'il faut donner à la jeunesse les moyens de croire en l'avenir. Car former des jeunes, ce n'est pas seulement leur transmettre des connaissances. Mais c'est aussi leur permettre de se construire, de trouver leur place et de regarder demain avec un peu de confiance.
Et aujourd'hui, à entendre cette jeunesse, cette confiance semble faire défaut.
Alors oui, célébrons Francis Halzen et cette réussite qui fait honneur à la Belgique. Mais écoutons aussi les étudiants qui manifestent aujourd'hui. Pas forcément pour être d'accord avec tout ce qu'ils disent, mais pour entendre ce qu'il y a derrière leur colère: la peur de commencer sa vie d'adulte dans une société où étudier, se loger, trouver un emploi semble parfois de plus en plus compliqué.
Car au fond, le plus beau succès pour un pays n'est pas seulement de voir l'un de ses enfants décrocher un Nobel mais c'est de pouvoir regarder toute sa jeunesse dans les yeux et lui dire: oui, vous pouvez croire en demain.
