Inondations record en France: la leçon climatique
La France est secouée par des précipitations intenses depuis 35 jours, un record, rappelant que le dérèglement du climat est en marche. Mais tout le monde ne sembla pas l'avoir compris.

- Publié le 18-02-2026 à 18h16

Les États-Unis version Trump sont vent debout contre le climat. D'un trait de feutre, le président américain s'est retiré de l'Accord de Paris (pour la seconde fois). Dans la foulée, il a annulé les mesures climatiques de ses prédécesseurs, freiné le développement des énergies renouvelables et relancé des filières énergétiques très polluantes. Et pour enfoncer le clou, il a coupé dans les fonds alloués pour lutter contre le dérèglement climatique. La justification ? Ces législations contraignantes l'empêchent de rendre toute sa grandeur à l'Amérique. Une doctrine largement propagée par l'administration Trump.
Dans un entretien accordé mardi à l'Agence France-Presse, le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, dénonce le "culte du climat" qui a fragilisé l'Union européenne et poussé les prix de l'énergie vers le haut en plus de la rendre dépendante de pays comme la Russie. Un constat qui n'est pas dénué de tout fondement. Mais la cécité des autorités américaines sur l'urgence climatique fait froid dans le dos. "L'impact réel (du changement climatique) est que le monde est un peu plus chaud, un peu plus vert, un peu plus humide", a expliqué Chris Wright à l'AFP. Qui ajoute que les politiques climatiques européennes "n'ont même pas d'incidence sur ça".
L'homme, qui a fait fortune dans le gaz de schiste, s'exprimait depuis Paris où il assistait à une réunion internationale. Au moment même où la France était balayée par Pedro, quelques jours après le passage de la tempête Nils. L'Hexagone, durement frappé par la sécheresse l'an dernier, se retrouve désormais en partie sous eau. Météo-France a recensé 35 jours consécutifs de précipitations.
Un record qui devrait interpeller l'administration Trump car, au-delà des discours, la facture, elle, est bien réelle. L'épisode Nils, et ses 250 000 sinistrés, coûtera plus d'un milliard d'euros à la France. Pedro viendra alourdir cette addition, qui ne cesse de grimper à l'échelon mondial. L'ONU l'a estimée en octobre à 202 milliards de dollars de coûts directs et 2 000 milliards de coûts indirects. Et l'avenir n'augure rien de bon, l'ONU annonce "des catastrophes plus importantes et plus destructrices ", accentuées par "des investissements qui ne tiennent pas compte des risques". Et, pire, qui viendront alourdir encore un peu plus une facture que les citoyens doivent déjà éponger.
