La route n'est pas un terrain de jeu
Vingt-sept ans de prison. Aucune circonstance atténuante. Après sept semaines d'audience à Mons, la cour d'assises du Hainaut a refermé l'un des procès les plus douloureux de ces dernières années. Pendant près de deux mois, les jurés ont entendu les récits de parents, d'enfants, de proches dont l'existence a basculé en quelques secondes, ce matin du 20 mars 2022 à Strépy-Bracquegnies. Des témoignages bouleversants, traversés par la colère, et la souffrance.
- Publié le 18-06-2026 à 06h00
- Mis à jour le 18-06-2026 à 10h43

Alors le verdict prononcé mercredi ne refermera jamais ces blessures mais il apporte une réponse que beaucoup attendaient: une peine lourde, à la hauteur de la tragédie. Et même si aucune condamnation ne répare ce qui a été détruit ce matin-là à Strépy-Bracquegnies, cette condamnation c'est aussi un message adressé à la société qui ressort de ce procès.
Pendant longtemps, les drames de la route étaient traités sous l'œil de l'imprudence, de la négligence, voire de la fatalité. Mais l'affaire de Strépy est venue bousculer cette lecture. Car rouler à 174 km/h dans une agglomération, au volant d'un véhicule dont le moteur avait été modifié pour devenir "une petite bombe" ne relève pas de la simple erreur de conduite mais d'une volonté d'ignorer les règles et de mépriser les risques.
Et c est là que réside la portée de cette peine. La cour n'a pas seulement jugé les conséquences du comportement de Paolo Falzone, elle a jugé son comportement en lui-même.
Dans quelques mois, le nouveau Code pénal entrera en vigueur et intégrera l'infraction d'"homicide dans le cadre de la circulation". Une réforme qui traduit une évolution: la vitesse démesurée, les rodéos urbains ou les défis filmés ne sont pas une fatalité. Ce sont des comportements délibérés.
La justice rappelle ainsi qu' un véhicule n'est pas un jouet, que la route n'est pas un terrain de jeu et que la liberté de conduire implique une responsabilité immense envers les autres.
