Gregory Lenoci : Justice ou vengeance
"J'ai perdu le contrôle." Ce sont les mots prononcés par Gregory Lenoci à l'ouverture de son procès devant le tribunal correctionnel de Namur, ce mercredi. L'affaire remonte à l'été dernier. Convaincu qu'un voisin avait abusé sexuellement de son beau-fils, alors âgé de six ans, Gregory Lenoci s'en était violemment pris à lui avant de diffuser les images sur les réseaux sociaux. L'homme risque une peine de 17 ans de prison.
- Publié le 25-06-2026 à 00h00
- Mis à jour le 20-08-2026 à 09h38

S'il n'appartient pas à un journaliste de se prononcer sur une affaire en cours, ce qui interpelle dans ce dossier, ce sont les réactions qu'il continue de susciter.
On sait que, dès le départ, Gregory Lenoci a bénéficié d'un important soutien populaire et aujourd'hui encore, il suffit de lire les commentaires sous les articles publiés sur les sites d'information pour s'en rendre compte.
"Il a juste fait ce que notre système judiciaire refuse de faire !" ; "Vous avez bien fait d agir, 100% avec vous" ; "Pauvre monsieur. Il a protégé des enfants de ce monstre et a réagi face à une justice qui ne faisait rien. Quel triste constat " peut-on notamment découvrir.
Des messages de soutien qui ne sont pas anodins. Et qui traduisent l'idée que la violence devient acceptable lorsqu'elle sert une cause que l'on juge juste.
Un phénomène qui n'est pas neuf mais qui semble prendre de l'ampleur. À chaque fait divers dramatique, les réseaux sociaux se transforment en tribunal. Les prises de position sont tranchées, et les jugements instantanés. Comme s'il suffisait de quelques lignes ou d'une vidéo pour comprendre une affaire dans son ensemble.
Or, la justice est précisément là pour résister à la tentation de l'immédiateté. Enquêter, vérifier, entendre, cela prend du temps. C'est justement ce qui distingue la justice de la vengeance.
Alors oui, la justice n'est pas parfaite. Elle peut être lente, elle peut commettre des erreurs mais l'alternative proposée par certains est-elle réellement préférable ?
"J'ai perdu le contrôle" a reconnu Gregory Lenoci. Et nous, sommes-nous, aussi en train de perdre le contrôle ?
