Demain, tous en flexi-job ?
"Boulangerie cherche livreur. Animalerie recrute vendeur. Glacier cherche renfort…"
- Publié le 01-07-2026 à 09h00
- Mis à jour le 01-07-2026 à 09h14

Depuis ce 1er juillet, toutes ces offres ont un point commun: elles peuvent être effectuées sous le régime du flexi-job.
C'était en 2015 que ce dispositif avait été lancé dans l'Horeca. Objectif: répondre aux pénuries de main-d'œuvre et aux besoins de flexibilité des entreprises. Horaires atypiques, travail au noir, pics de fréquentation… À l'époque, cette mesure avait été conçue pour résoudre des problèmes bien spécifiques à la profession.
Sauf que onze ans plus tard, l'exception est devenue la règle et le flexi-job est devenu un élément à part entière du marché du travail. Les chiffres l'attestent: plus de 260 000 personnes y ont eu recours en 2025 et le phénomène continue de prendre de l'ampleur. Les pensionnés y trouvent un complément de revenus, tandis que de nombreux salariés y voient une occasion d'améliorer leur pouvoir d'achat.
Et pour les employeurs ? Le dispositif a de quoi séduire. Il offre davantage de souplesse dans l'organisation du travail et permet de faire face rapidement à des besoins ponctuels de personnel, tout en bénéficiant d'un régime social plus avantageux. Convaincant, non ?
Sauf que le débat ne peut s'arrêter là. Car derrière le récit du "gagnant-gagnant" se dessinent aussi plusieurs inquiétudes. Lorsqu'un employeur peut recourir à une main-d'œuvre moins coûteuse et moins chargée fiscalement, le risque de concurrence avec l'emploi classique est réel. Certaines données montrent d'ailleurs déjà qu'une entreprise sur huit recourant aux flexi-jobs n'emploie plus de travailleurs fixes.
Alors les flexi-jobs créeront-ils réellement une activité nouvelle ou remplaceront-ils progressivement nos emplois classiques ?
Aujourd'hui, personne ne peut répondre à ces questions. Mais une chose est sûre, en revanche: cette extension est bien plus qu'une réforme du travail. C est un changement majeur dont les conséquences réelles ne seront visibles que dans quelques années. Or, n'oublions pas qu'une fois qu'une machine est en marche, il est souvent bien difficile de l'arrêter.
