2027 : le pari de la cassation
"Ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle."Quelques heures après l'arrêt de la cour d'appel de Paris, Marine Le Pen s'est présentée au journal de 20 heures de TF1.
- Publié le 07-07-2026 à 21h07
- Mis à jour le 08-07-2026 à 07h18

Alors que le scénario d'un retrait, voire d'un passage de témoin à Jordan Bardella, circulait encore, Marine Le Pen a dissipé tous les doutes: L'Élysée demeure son objectif.
"Nous allons très rapidement, Jordan Bardella et moi-même, démarrer cette campagne présidentielle".
La raison de cette décision? La possibilité de se pourvoir en cassation afin d'aller, selon ses mots, "au bout des voies de recours" et de défendre son "innocence". Donc acte.
Mais au fond, il lui était difficile d'en être autrement. Ne pas contester l'arrêt rendu mardi aurait en effet été perçu comme l'acceptation définitive de sa condamnation, voire comme une reconnaissance de sa culpabilité.
Or, depuis le début de cette affaire, Marine Le Pen affirme n'avoir rien à se reprocher. Revenir sur cette position était politiquement impossible.
Mais réduire ce pourvoi à une simple démarche juridique serait une erreur. Il répond avant tout à une stratégie politique: gagner du temps.
Car on sait que la Cour de cassation ne rejugera pas les faits; elle vérifiera uniquement si le droit a été correctement appliqué. Si elle rejette le pourvoi, la condamnation deviendra définitive. Mais d'ici là, le calendrier judiciaire reste incertain. Et c'est là tout le pari de la candidate du RN: repousser l'échéance, mener sa campagne et espérer que le temps judiciaire joue en sa faveur. En attendant, la France s'engage ici dans une situation inédite: une candidate reconnue coupable et condamnée pourra mener campagne pour l'élection présidentielle.
Reste que cette stratégie ne doit pas faire oublier l'essentiel. Marine Le Pen a été reconnue coupable et condamnée.
Elle n'a pas obtenu son acquittement, mais un sursis judiciaire.
