Vincent Van Peteghem veut revenir sur la réforme des flexi-jobs: le feu couve sous la cendre
Le ministre du Budget Vincent Van Peteghem veut revenir sur la réforme des flexi-jobs, entrée en vigueur le 1er juillet. Une sortie qui interpelle et pourrait faire tanguer l'Arizona.

- Publié le 13-07-2026 à 18h01
- Mis à jour le 13-07-2026 à 19h48

Alors que l'Europe s'embrase sous les effets de la chaleur (quand ce n'est pas de la bêtise humaine), c'est l'Arizona qui menace désormais de s'enflammer. Trois jours après avoir acté une trêve estivale et de se revoir en septembre pour affronter le marathon budgétaire, Vincent Van Peteghem a allumé la mèche en s'attaquant frontalement à son collègue MR, David Clarinval. Le vice-Premier CD&V et ministre du Budget propose ni plus ni moins que de revenir sur une réforme entrée en vigueur… treize jours plus tôt ! Inutile de préciser que le ministre fédéral du Travail n'a guère apprécié, rejoint en ce sens par le partenaire N-VA. Pas question de faire marche arrière, d'autant que "les flexi-jobs constituent une ressource importante pour les finances publiques ", se défend le vice-Premier MR.
Vincent Van Peteghem justifie sa sortie par la découverte d'un graphique présenté par le Fonds monétaire international, celui de la rapidité avec laquelle un dérapage budgétaire peut virer en un incontrôlable effet boule de neige. Un scénario à la grecque, avec les conséquences sociales que l'on connaît, qu'il veut éviter à tout prix.
Une réaction a priori sage et responsable de la part du Grand argentier belge tenu d'assurer la stabilité budgétaire de notre pays. Mais qui interpelle aussi tant les messages d'alerte ont afflué ces derniers mois sur les conséquences de cette réforme chère au MR. "Le gouvernement joue aux apprentis sorciers", avait prévenu la députée Écolo Sarah Schlitz lors des discussions du projet de loi en commission en juin dernier. Le Conseil d'État alertait contre les "effets secondaires" du système, embrayant sur les mises en garde de la Banque nationale. La FGTB dénonçait pour sa part le "cynisme" du gouvernement en adoptant un "système qui creuse structurellement le déficit".
Le syndicat socialiste évoque cette fois un "parfait exemple de schizophrénie de l'Arizona". Non sans raison: le CD&V ne pouvait ignorer les messages d'alerte d'autant que les signes d'assèchement des finances publiques se succédaient. Les statistiques du FMI ne sont qu'un prétexte. Tôt ou tard, le feu reprendra de plus belle, à la sortie de l'été. Avec une question à trancher: qui de la stabilité financière de la Belgique ou de l'Arizona faudra-t-il sauver en priorité ?
