L'artillerie lourde de Macron
Au propre comme au figuré, on peut le dire: Emmanuel Macron a sorti l'artillerie lourde, ce 14 Juillet.
- Publié le 14-07-2026 à 15h47
- Mis à jour le 15-07-2026 à 09h01

La veille, il réunissait à Paris les dirigeants de la coalition des volontaires aux côtés de Volodymyr Zelensky. Le lendemain, il transformait le traditionnel défilé des Champs-Élysées en une véritable démonstration de force. Près de 6 800 soldats, une centaine d'avions, des centaines de véhicules… Le tout sous les yeux de Zelensky et d'une trentaine de dirigeants européens.
Rien n'avait été laissé au hasard : un ballet soigneusement orchestré, porteur d'un message tout aussi maîtrisé.
À l'heure où la guerre se poursuit aux portes de l'Europe et où Donald Trump bouscule l'équilibre mondial, Paris a voulu marquer le coup, montrer que le pays se réarme et qu'il compte bien embarquer le reste du continent avec lui.
Ce défilé n'avait donc rien d'une simple célébration nationale. C'était un signal envoyé à Moscou, à Washington mais aussi aux autres capitales européennes. Le message était clair: le réveil stratégique du continent est en marche, l'Europe n'a plus le choix.
Reste que les symboles ne suffisent pas à faire une politique. Alors oui, l'Europe se réveille, les budgets militaires grimpent un peu partout, ou presque. On parle de réarmement, de défense, de munitions. L'Europe prendconscience qu'elle ne peut plus compter, comme hier, sur le parapluie américain considéré comme acquis. Mais un réveil ne signifie pas pour autant une puissance.
Car la défense européenne reste largement à construire. Oui, l'Europe se réarme, mais en ordre dispersé, où chacun protège ses usines, ses priorités. Or une défense commune ce n'est pas qu'une addition de chars, d'avions ou de budgets. Mais c'est aussiune doctrine commune et des décisions partagées. Et c'est précisément ce qu'il manque encore.
On retiendra sans doute de ce 14 Juillet qu'il était le dernier de l'ère Macron. Mais il pourrait être aussi celui où l'Europe a pris conscience qu'elle ne pouvait plus déléguer sa sécurité.
