Les enfants de la baronne Ullens sortent du silence: "S'il y a un procès public à faire, c'est celui de l'assassin, pas celui de la victime"
Pour la première fois, les enfants de Myriam Ullens s'expriment dans la presse à travers leur avocat, Laurent Kennes. Ils estiment que la mémoire de leur mère est salie.
- Publié le 12-10-2023 à 07h32
- Mis à jour le 12-10-2023 à 07h33

Mercredi 29 mars, la baronne Myriam Ullens de Schooten (Myriam Lechien, dite "Mimi"), était tuée devant son domicile situé dans le village d'Ohain, à Lasne. L'épouse du baron Guy Ullens, homme d'affaires belge fortuné, a été tuée par balles par son beau-fils, Nicolas Ullens. Près de sept mois après les faits, ce dernier est toujours en détention préventive à la prison de Nivelles. Il a comparu, la semaine dernière, devant la chambre du conseil pour une demande de libération sous bracelet électronique, ce qui lui a été refusé. Il a fait appel et comparaîtra devant la chambre des mises en accusation le 18 octobre.
L'enquête, elle, est toujours en cours, ce qui n'empêche pas la divulgation d'une série d'informations dans la presse, ciblant notamment Myriam Ullens dans les dépenses présumées de la fortune de son époux, alors que l'argent est au cœur de ce drame familial. Mais pour Virginie et Gilles, les enfants de Mimi Ullens, c'en est trop. Pour la première fois, ils ont décidé de s'exprimer sur les faits à La Libre, via leur avocat, Laurent Kennes.
"Les enfants de Myriam Lechien se sont abstenus de tout commentaire jusqu'à présent, mais ce qui est publié dans une certaine presse leur devient insupportable, explique l'avocat. L'affaire est au départ malheureusement aussi sordide que simple. Leur maman, mariée avec Guy Ullens depuis 30 ans, partait chez le médecin avec son mari. Et son beau-fils les attendait avec une arme. Il a bloqué leur passage, est sorti de sa voiture, puis a tiré à bout portant sur leur mère. Il a tiré 6 balles. Leur maman n'avait rien fait qui justifie ou explique un tel geste. Nicolas Ullens n'est pas un homme pauvre ou abandonné. Virginie, Gilles et leurs enfants ont perdu une mère et une grand-mère qu'ils adoraient. S'il y a un procès public à faire, c'est celui de l'assassin, pas celui de la victime."
Bonne mère, bonne épouse, bonne belle-mère
Me Kennes estime ainsi que l'histoire entre Myriam Ullens et son époux semble réécrite pour tenter de donner du sens à cette violence. Il rappelle qu'il s'agissait d'un couple construit et passionné, et non d'une sordide histoire concernent une femme attirée vainement par l'argent de son riche mari. "ll y a trente ans, Guy a quitté sa première épouse pour son nouvel amour. Il avait quatre enfants de son premier mariage et tous étaient adultes. Nicolas avait 25 ans et était marié, poursuit Laurent Kennes. Au début, il y a eu de l'animosité des enfants de Guy, qui voyait leur maman souffrir de cette séparation. Virginie et Gilles, eux, étaient adolescents. Ils n'avaient rien demandé. Lorsque Mimi et Guy se sont mariés, leur maman a tout fait pour être une bonne mère, une bonne épouse et aussi une belle-mère accueillante pour les enfants de son mari. Ils ont été témoins des efforts en ce sens de leur maman".
Le temps a fait son œuvre et les tensions se sont apaisées par intermittence avec les enfants de Guy, mais Mimi a souvent confié avoir peur de son beau-fils, Nicolas. "Il n'y avait pas eu d'agression physique, mais elle avait peur de Nicolas. Mimi en avait parlé à ses enfants, mais personne n'avait imaginé le drame survenu le 29 mars".
Pourtant, Mimi aurait tout fait pour que la famille vive dans une certaine harmonie. D'ailleurs, deux des quatre enfants de Guy Ullens entretiennent, aujourd'hui encore, des relations cordiales avec les enfants de la victime. "Quand on lit certains articles, on a l'impression qu'il y a deux clans, c'est faux. Nicolas et Brigitte, les plus jeunes enfants de Guy, ont moins bien vécu la nouvelle relation de leur père, mais cela n'empêchait pas le maintien de belles relations et avec eux, et avec les deux autres enfants. Brigitte a même organisé le mariage de son père et Mimi. Pourtant, deux jours après le drame, elle a eu des mots terribles dans la presse à l'égard de sa belle-mère. Il n'y avait ni compassion, ni attention pour les enfants et petits-enfants de la victime", déplore Laurent Kennes.
"Et si on s'intéressait un peu au tueur ?"
Si les enfants de Myriam Ullens souffrent aujourd'hui, comprennent-ils le mal-être exprimé par certains des enfants du baron Ullens ? Qu'en est-il des informations selon lesquelles la belle-mère dilapidait la fortune familiale en donnant d'importantes sommes d'argent à ses enfants, au détriment des autres ? "D'abord, cela ne devrait pas être le débat. Mes clients ont lu toute sorte d'affirmations concernant des donations de leur mère et beau-père. Certaines sont vraies, d'autres sont totalement fausses. Le détail, c'est à la justice qu'ils l'ont livré, et je ne vois pas pourquoi ils viendraient étaler tout cela dans la presse, dépatouillant le vrai du faux. Ils sont victimes, pas suspects et évoquer ces éléments ne fait rien d'autre que cacher le vrai drame : la mort de leur mère dans d'atroces circonstances."
Et de conclure : "La vérité, c'est que Guy n'a jamais favorisé ses beaux-enfants au détriment de ses propres enfants. Et jamais Myriam Ullens n'a agi dans le dos de son mari dans l'intérêt de ses enfants. C'est lui qui gérait sa fortune et il était généreux avec ses enfants, avec sa femme et avec ses beaux-enfants qu'il connaît et a éduqué lorsqu'ils étaient encore des adolescents. Est-ce un crime ? Non. Vous voulez vous intéresser à ce qui a motivé le crime ? Pourquoi s'intéresse-t-on à ce qu'aurait reçu la victime comme si c'était un scandale de profiter de l'argent de son époux de trente ans ? N'est-ce pas comme cela dans tous les couples ? Et si on s'intéressait un peu au tueur plutôt qu'à la victime ? Pensez-vous qu'il vivait dans la misère ? Rien n'excuse ce crime. Et s'il y a des circonstances atténuantes, ce sera à la justice de la dire. Les enfants de Myriam attendent à présent une chose du futur procès : que justice soit rendue, que la vérité soit dite dans la sérénité. Pour le reste, ils disent avoir perdu ce qu'il y a de plus cher, et n'attendent rien d'autre que l'on respecte leur deuil".
