L'improbable rencontre d'un vétérinaire de Genval avec un loup (vidéo) : "Je ne suis pas du tout habillé en camouflage ce jour-là, je suis en short"
Le Bruxellois Michel Lacroix, un vétérinaire dont le cabinet se trouve à Genval, a fait une rencontre inoubliable, celle d'une jeune louve. Il raconte et c'est fascinant.

- Publié le 17-11-2023 à 21h09
- Mis à jour le 24-11-2023 à 09h52
"C'est une rencontre qu'on ne décide pas, c'est vraiment une surprise. Ce qu'il y a d'assez extraordinaire, c'est que cette rencontre est tout à fait un hasard, elle a failli ne pas se produire".
Michel Lacroix, un vétérinaire de Genval également passionné par la photographie animale, n'en revient toujours pas : pourtant, la rencontre qu'il évoque ne date pas d'hier… mais quand on tombe nez à nez avec un loup, on n'en croit pas ses yeux !
"Au départ, je checke un site d'observations sur lequel je vais voir s'il y a des animaux intéressants à voir dans le pays. Je ne pars absolument pas pour un tel animal… je vois 2 rapaces qui me plaisent bien (NDLR : dont un dans le Limbourg qu'il avait déjà photographié à l'époque)", se souvient-il. "Je ne suis pas du tout habillé en camouflage ce jour-là : je suis en short, tout à fait visible, comme un être humain. Je marche sur le chemin. Tout d'un coup, je vois, une vingtaine de mètres devant moi, un dos gris qui se balade. 'Ah, je vais faire une photo d'un chevreuil'. Et puis, il lève la tête : je vois des oreilles rousses pointues… 'ah, un renard'. Et là, il sort des herbes."
Et Michel Lacroix d'entrer dans le cœur de sa merveilleuse histoire : "Tout un coup, je vois le faciès, je vois l'animal, plus aucun doute, c'est un loup ! Et ce loup marche le long du chemin, 20 mètres devant moi."
"C'est la chance de ma vie"
"J'avance tout doucement vers lui. Et puis, petit à petit, il commence à recroiser la route, il revient sur le chemin, il croise cette piste. Il se retourne, il me regarde. Moi, je suis figé, pas du tout camouflé, en plein milieu du chemin et visible comme tout, derrière mon boîtier photos. Je déclenche, je déclenche, je déclenche. Je fais des photos en me disant 'c'est la chance de ma vie, c'est vraiment le coup de pot extraordinaire'."
Le sympathique véto, dont le cabinet se trouve rue de Rosières – en haut de la gare près du "rond-point Peyo" -, a l'art de raconter cet improbable rendez-vous, qui s'est produit au cœur de l'été, dans le Limbourg.
On ne perd pas une miette de son récit. Il poursuit : le jeune loup, peu craintif pour le coup (lire ci-dessous), "traverse le chemin, descend dans le bas-côté. Je me dis 'c'est fantastique'. Je crois que j'appelle ma compagne. À ce moment-là, je vois le feuillage qui bouge et le voilà qui ressort."
"Un état de joie incroyable"
"On a fait une séance photos assez fantastique, elle a duré une vingtaine de minutes où ce loup ressortait et me regardait à chaque fois. Il me dévisageait", témoigne celui qui était déjà fasciné par le loup avant cette inoubliable tête à tête. "Je faisais des photos, des photos, des photos, je mitraillais. Il rentrait dans les buissons et puis, il ressortait sur le chemin. Ce petit jeu a continué comme ça, parce que j'avançais vers lui lentement… lui, s'éloignait petit à petit en mangeant des baies sur les arbres."
"Et puis, à un moment, parce que la magie s'arrête : je ne la voyais plus, elle est ressortie à 5 mètres, la distance de sécurité était trop courte, elle a replongé dans le bas-côté, elle a disparu dans le maïs… J'ai estimé que j'avais vraiment eu ma récompense, et je suis reparti direction la voiture dans un état de joie incroyable. Voilà la rencontre." Fascinant.
Comment un tel prédateur s'est-il laissé approcher?
Vétérinaire à l'expérience longue comme ça, Michel Lacroix est passionné par les animaux sauvages depuis son plus jeune âge. "L'ornithologie, j'ai dû commencer vers l'âge de 10 ans, raconte-t-il. C'est une vocation qui est née très jeune."
Quand il parle du loup, son œil pétille et c'est communicatif. "Une photo qui garnit mon cabinet depuis des années, c'est bien une photo de loup. Ça a toujours été l'animal un peu fétiche, qu'on désire voir, le rêve, le Graal…"
Imaginez son excitation lorsqu'il est tombé face à ce loup… "J'ai voulu comprendre pourquoi cet animal avait été si facile à voir. C'est une femelle. J'ai remarqué que sa dentition était quand même assez menue (pour un pareil prédateur). C'est une jeune de l'année, elle a la taille d'un berger allemand. Elle est vraiment très grande, mais elle avait 4 mois. Les naissances avaient eu lieu au printemps, ça se passe au mois d'août. J'ai pris quelques renseignements, les jeunes sont beaucoup moins farouches. Gageons que cette jeune louve, que j'ai vue comme ça, si peu farouche, ne se laissera plus jamais approcher d'aussi près, peut-être ses petits frères, ses petites sœurs, plus tard, mais en tout cas sans doute plus elle. Voilà, c'était la chance!"


