Le choc wallon indiffère en Flandre : "Mais une atmosphère électrique comme celle-là, on ne la retrouve nulle part ailleurs en Belgique"
Faute de résultats et de forts en gueule, l'affiche wallonne de dimanche ne suscite pas de grand intérêt au Nord du pays.

- Publié le 09-10-2026 à 20h00

Trois. Trois journalistes néerlandophones sont accrédités pour le choc wallon de dimanche à Sclessin. C'est deux à trois fois moins qu'à l'époque où le Standard luttait encore pour le titre et passait l'hiver européen.
"Il n'y a pas de secrets, les résultats font beaucoup", s'accordent Stijn Joris (Het Belang van Limburg) et Frank Dekeyser (Het Laatste Nieuws). Ce n'est pas tout. "Il n'y a plus de personnalités fortes dans le club. Plus de Conceiçao, Defour, Jovanovic, D'Onofrio ou Preud'homme. Si tu demandes en Flandre qui est le CEO du Standard, tu n'auras pas beaucoup de réponses, avance Joris. Il n'y a plus de visage marquant, d'histoires à raconter."
Si tu demandes en Flandre qui est le CEO du Standard, tu n'auras pas beaucoup de réponses.
Marc Wilmots ? Il boycotte la presse flamande depuis son éviction de l'équipe nationale. "Mehdi Bayat reste un personnage, mais Charleroi n'a ni l'engouement ni le passé du Standard, compare Dekeyser, qui se rappelle tout juste d'une grande interview avec Philippe Albert parue avant le choc wallon… en 2020. Aujourd'hui par exemple, j'aime voir jouer un Alexis Trouillet, mais ce n'est pas (encore ?) un Carcela, Mpoku ou Edmilson. Dans le noyau actuel, OK, il y a Nielsen. Éventuellement Hautekiet parce qu'il est Flamand ou Goemaere parce que c'est un jeune qui vient de Bruges, mais bon…"
Les coaches, alors ? "Je me souviens des conférences de presse captivantes de Sa Pinto pour lesquelles je faisais les allers-retours chaque semaine jusqu'à Liège. En Flandre, on relayait aussi beaucoup les déclarations de Ronny Deila ou Ivan Leko, ne fût-ce que sur le web."
Une atmosphère unique
Ces samedi et lundi, il n'y aura donc pas de grandes pages sur le choc wallon dans la presse néerlandophone – bien qu'une interview de Vincent Euvrard a été publiée en semaine dans le Belang. Pas plus qu'il n'y en aurait eu sur un Club Bruges – Gand ou un Genk – Saint-Trond dans les médias généralistes francophones.
L'atmosphère d'un Standard-Charleroi, on ne la retrouve nulle part ailleurs en Belgique.
"Peut-être une demi-page. On en parle plus quand il y a des incidents", regrette le journaliste du Belang qui reçoit pourtant régulièrement des messages de supporters flamands des Rouches regrettant le manque de suivi de leur club.
Son confrère de HLN en reçoit aussi. "Personnellement, j'adore cette affiche. Pas les débordements, hein ! Mais l'atmosphère électrique d'un choc wallon, ça me plaît. On ne la retrouve nulle part ailleurs en Belgique, sauf peut-être à un Antwerp – Beerschot – où il y a aussi eu des dérapages dans un passé récent."
Retours de l'Antwerp et Lommel, émergence de l'Union
Au Nord du pays, le retour au premier plan de l'Antwerp – la première ville de Flandre – et l'émergence durable de l'Union noircissent aujourd'hui des pages délaissées par ce Standard moribond.
Les locomotives médiatiques restent le Club Bruges et Anderlecht devant l'Antwerp, Gand et Genk. Pendant ce temps-là, le Limbourg – importante fan base des Rouches – s'enthousiasme pour le retour en Pro League de Lommel et la Coupe d'Europe de Saint-Trond.
Celle-là même qui manque tant au Standard.
