Réforme du tronc commun : la main tendue par la ministre relance le dialogue et dissipe une partie du brouillard autour de la 2e et 3e secondaire
Sur initiative de la ministre de l'Éducation Valérie Glatigny, les acteurs de l'enseignement ont repris le chemin du dialogue avec, sur la table, la poursuite de l'implémentation du tronc commun dans le secondaire et le maintien des 1 400 ETP menacés dans le qualifiant.

- Publié le 13-10-2026 à 15h01
- Mis à jour le 14-10-2026 à 11h44

Les acteurs de l'enseignement se sont réunis ce 13 octobre 2026 à l'initiative de la ministre de l'Éducation en Fédération Wallonie-Bruxelles, Valérie Glatigny (MR). C'est en effet ce mardi que s'est tenue la première réunion du "Comité d'avis", un nouvel organe de concertation installé dans le but de" proposer un nouveau modèle de dialogue avec les acteurs de terrain", explique le cabinet de la ministre.
Concertation grippée et main tendue
Il est vrai que, depuis 2022, la concertation toussote dans le secteur de l'enseignement. En cause, notamment, le départ de 4 parmi les 5 syndicats enseignants de l'organe officiel ad hoc. Cette concertation des représentants des acteurs de l'enseignement en était même réduite ces derniers mois à sa plus simple expression.

La mise en place de ce nouvel organe, baptisé Comité d'avis, a donc pour objectif de répondre à la demande des acteurs de terrain de renouer le dialogue. Il s'agit donc d'un "espace de dialogue" où seront discutées "les réformes structurantes" du secteur au cours des trois prochaines années de la législature en cours.
Soutenabilité opérationnelle des futures réformes
Ce nouveau cadre de discussion a pour but "d'évaluer en amont la praticabilité des futures réformes sur le terrain" et d'en estimer "la viabilité sur le plan financier à long terme". En d'autres termes, le Comité sera chargé de remettre des avis (non contraignants) sur "la soutenabilité opérationnelle" des réformes.
Qui retrouve-t-on dans ce nouvel organe de dialogue ?
Outre les acteurs historiques de la concertation (les syndicats enseignants, les fédérations de pouvoirs organisateurs et les fédérations d'associations de parents), le Comité d'avis réunira les représentants des directions d'école, mais également, selon les thématiques abordées, les représentants du Comité des élèves francophones (CEF).
Par ailleurs, et c'est là la grande nouveauté, des représentants des secteurs de la formation et de l'emploi, ainsi que des économistes seront invités, toujours en fonction des thématiques abordées par l'ordre du jour, à prendre part aux réunions.
Le cadre de la réforme du tronc commun en discussion
La première réunion du Comité qui s'est donc tenue ce mardi portait notamment sur la poursuite de l'implémentation du tronc commun en deuxième et troisième secondaire, ce que l'on appelle désormais "la réforme du degré secondaire inférieur".
Un avant-projet sera soumis par la ministre le 23 octobre prochain, en première lecture, au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "C'est ce cadre que nous avons déposé sur la table du Comité d'avis ce mardi", précise-t-on au cabinet. Quant au contenu des discussions, la confidentialité était de mise.
Une éducation au choix positif
Toujours est-il que ce cadre confirme une série d'orientations déjà annoncées précédemment, telles que la suppression du passage automatique entre la première et la deuxième secondaire ou la mise en place d'un certificat d'enseignement secondaire inférieur (CESI) en fin de troisième année (à partir de 2028).
D'autres orientations, elles, ont évolué : "Un focus sera mis sur l'apprentissage des langues étrangères avec l'introduction d'une seconde langue moderne dès la deuxième année", détaille le cabinet de la ministre. C'est donc un an plus tôt que ce qui se fait actuellement. Et cela a une incidence sur les "activités orientantes" prévues en troisième année, lesquelles seront ramenées sur 6 périodes hebdomadaires (contre 8 initialement prévues), à choisir parmi les 8 domaines proposés (2 x 3 périodes).
Un focus sera mis sur l'apprentissage des langues avec l'introduction d'une seconde langue moderne dès la deuxième année.
Si la réintroduction de telles activités (ou options) rend de facto caduque l'idée même d'un tronc qui serait réellement commun à tous les élèves, "la philosophie poursuivie est une réelle éducation au choix positif", défend le cabinet de la ministre. Histoire que l'enseignement qualifiant ne soit plus une filière de relégation.
Les 8 domaines d'activités orientantes :
Langues modernes et pratiques de la communication
Littérature, langues de culture, arts et expression
Culture, arts, création, techniques artistiques et artisanat
Santé, éducation physique, bien-être et techniques de soins
Mathématiques et sciences appliquées
Technologies et techniques appliquées
Environnement, sciences et techniques de la Terre et du Vivant
Gestion de projets économiques, sociaux et environnementaux
Note : Chaque élève sera amené à choisir ses 2x3 périodes d'activités orientantes dans deux de ces 8 domaines. Le cabinet rappelle toutefois : "Les choix posés ne présagent en rien du choix qui pourra être fait en quatrième année".
Le lien école-entreprise renforcé
Autre nouveauté du cadre, les élèves de deuxième (à partir de 2027) et de troisième années (à partir de 2028) seront invités à réaliser, à l'instar de ce qu'ils auront déjà effectué en première cette année, des stages ou visites en entreprises durant certains "jours blancs".
Et c'est là le point de départ du deuxième élément majeur discuté ce mardi au sein du Comité d'avis : le maintien des 1 400 ETP que le Pacte d'excellence avait annoncé en 2017 vouloir économiser (55 millions €) avec la suppression de la troisième année technique et professionnelle.
"Les enseignants nommés à titre définitifs et temporaires prioritaires seront maintenus jusqu'à leur pension", confirme le cabinet. Comment ?" Une partie restera en classe grâce aux options qualifiantes, l'autre sera réaffectée à l'organisation et à l'encadrement des activités orientantes. Le but, c'est qu'il y ait un vrai retour pédagogique sur ses activités."
SeGEC : "Le brouillard commence à se dissiper"
Parmi les acteurs réunis ce mardi, le SeGEC, fédération des pouvoirs organisateurs qui représente la moitié des écoles de la Fédération, a jugé "positive" la mise en place de ce Comité d'avis et s'est dit "réjoui" qu'" une solution" ait pu être trouvée et que "l'essentiel du tronc commun soit préservé jusqu'en 3e secondaire". Il précise toutefois : "Cet accord n'est cependant pas un aboutissement. Il reste beaucoup de travail de clarification à effectuer […]".