Trop de surprises sur le billet d'avion en ligne

Sous pression de la Commission Européenne, les compagnies aériennes ont clarifié la vente de billets en ligne. Mais pas encore suffisamment.

Philippe Leruth
François-Xavier Giot
Trop de surprises sur le billet d'avion en ligne
402312 ©(photo Reuters)

La commissaire à la Protection des consommateurs s'est montrée assez positive, à la mi-mai. Les sites européens de vente en ligne de billets d'avion ont "fait un pas dans la bonne direction" a-t-elle commenté, en présentant un rapport qui faisait le point sur une opération menée pendant dix-huit mois sur le territoire de l'Union Européenne pour "réprimer la publicité mensongère et les pratiques déloyales". Prudente, Meglena Kuneva a ajouté qu'il restait "du pain sur la planche". Si les prix sont plus transparents, les candidats au voyage enregistrent néanmoins encore l'une ou l'autre surprise (cf. ci-dessous) quand ils réservent leur billet d'avion par internet.

Il y a une bonne année, la Commission avait épinglé le secteur, en estimant qu'un tiers des consommateurs étaient "escroqués ou induits en erreur" . Une nouvelle Réglementation sur les services aériens est depuis lors entrée en vigueur le 1er novembre 2008. Le rapport ( * ) a notamment vérifié la mise en oeuvre de ce texte, en croisant quatorze critères.

"96,2 % des compagnies indiquent maintenant clairement dès le départ les charges dont les voyageurs devront s'acquitter", note l'étude. Toutefois, la plupart des compagnies low cost ne permettent de payer le billet d'avion que par carte de crédit, et ce paiement est... payant. "Certaines d'entre elles offrent la possibilité de payer gratuitement par virement bancaire, mais seulement aux voyageurs provenant de leur pays d'origine. L'usage de la carte Visa Electron n'est pas payant, lui non plus, mais cette carte n'est pas toujours acceptée par les banques pour les paiements en ligne", relèvent les auteurs de l'enquête.

"Une méthode de paiement gratuite doit être proposée aux voyageurs. Le paiement par carte de crédit a un coût pour les compagnies, mais elles doivent l'inclure dès le départ dans le prix du billet", précise Monika Wcislo, porte-parole de Meglena Kuneva. On est loin du compte.

Autre anomalie relevée par l'enquête : sur 14 % des sites examinés, les options supplémentaires doivent être décochées. Si le voyageur n'y prend garde, il se retrouve avec des frais additionnels qu'il ne découvre qu'au moment de donner le "clic" final.

Nombre de compagnies, enfin, imposent depuis peu l'enregistrement en ligne des voyageurs qui réservent leur billet par Internet. Et cet enregistrement est automatiquement payant. Si la commissaire estime, comme l'explique sa porte-parole, que "les compagnies ont la liberté de fixer elles-mêmes leurs tarifs, mais elles doivent indiquer aux voyageurs les possibilités qui leur sont offertes, en détaillant les tarifs d'application", il lui reste là encore du boulot. Car les usagers n'ont plus vraiment de choix.

http://ec.europa.eu/consumers/enforcement/sweep/final_report_sweep_20090505.pdf (en anglais)

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