Emploi : l'embellie et l'exception wallonnes

Le nombre de demandeurs d'emploi en Wallonie est plus bas qu'avant la crise de 2008. Et ce, malgré les exclusions qui sont enfin chiffrées.

Emploi : l’embellie et l’exception wallonnes
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Wallonie, terre d'exception. L'affirmation a tout d'un slogan et pourrait susciter de nombreux détournements ironiques. C'est pourtant la réalité sur le plan du chômage: la demande d'emploi en Wallonie est la seule à afficher un niveau inférieur au taux de 2008, soit avant la crise.

1. Les chiffres L'Office national de l'emploi (ONEM) a publié hier ses chiffres mensuels. On y apprend qu'en décembre dernier, 377 830 chômeurs complets indemnisés demandeurs d'emploi ont perçu une allocation en Belgique. En un an, 47 560 personnes ont donc quitté les registres de l'ONEM, soit une baisse de 11,2%.

La tendance est spécialement marquée chez les femmes (-12,8%), les jeunes de moins de 25 ans (-20%) et en Wallonie (-14,9%). Seule la catégorie de chômeurs de 60 à 65 ans augmente (+29,4%), en grande partie en raison du relèvement de 58 à 60 ans de la limite d'âge pour l'obtention d'une dispense d'inscription comme demandeur d'emploi.

2. La réalité La baisse du chômage n'est pas neuve et est souvent brandie comme une victoire par les politiques. Aussitôt rappelés à l'ordre par les syndicats qui y voient la conséquence des mesures d'exclusion du chômage votées sous les gouvernements Di Rupo et Michel. Pour la première fois, l'ONEM a apporté des chiffres sur l'ampleur de ces "exclusions".

Pour la période de janvier à novembre 2015 (les chiffres annuels seront connus en mars), 28 407 personnes ont été privées d'allocations d'insertion. La baisse du chômage sur les onze derniers mois est donc, dans près de six cas sur dix, due au durcissement des règles. Dit autrement, l'amélioration de la conjoncture économique n'expliquerait que 40% de cette érosion du chômage.

3. L'exception wallonne Au sud du pays, la baisse du chômage est constante depuis 18 mois. De quoi réjouir le Forem. Mais si les responsables de l'organe chargé de l'accompagnement des demandeurs d'emploi affichent un sourire, c'est à la lecture d'un autre chiffre: celui de la demande d'emploi en Wallonie.

La nuance est technique mais de taille. L'ONEM fournit des chiffres basés sur le nombre d'indemnisations versées aux chômeurs. Le Forem publie des statistiques concernant la demande d'emploi. La différence? Les personnes qui n'ont plus droit à une allocation ne figurent pas dans les données de l'ONEM. Le Forem publie donc un état des lieux beaucoup plus proche de la réalité du "chômage".

Et celui-ci est sans appel. Par rapport à un niveau 100 en 2008, la demande d'emploi en Wallonie se situe à 99 (– 1 point). À Bruxelles, le différentiel est supérieur de 12 points (112) et en Flandre de 36 points (136)!

4. Les explications Certaines mesures (exclusion et recul de l'âge pour une demande de dispense d'inscription comme demandeur d'emploi) ont fait grimper la demande d'emploi en Wallonie. Mais l'embellie conjoncturelle (hausses du nombre de salariés et de l'activité intérimaire, accroissement du nombre d'offres d'emploi, diminution des faillites et des procédures de licenciement collectif) et diverses mesures fédérales ou régionales (meilleur accompagnement dans la recherche d'un emploi ou la reconversion) ont permis de la faire reculer plus encore. Un phénomène particulièrement marqué chez les jeunes de moins de 25 ans.

Une tendance qui est amenée à se poursuivre cette année puisque l'emploi wallon, selon l'Iweps, devrait afficher une croissance de 0,2% par trimestre en début d'année pour ensuite s'accélérer. Le nombre de demandeurs d'emploi pourrait même reculer de 28 300 unités en 2016 selon l'IRES au sud du pays.

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