75 mesures pour lutter contre la consommation abusive et nocive d'alcool en Belgique
Le plan alcool interfédéral a été approuvé : les différents ministres compétents se sont entendus sur un plan pour lutter ensemble contre la consommation nocive de l'alcool dans notre pays. 75 mesures sont prévues, avec des actions à mener ces prochaines années.
- Publié le 29-03-2023 à 12h44
- Mis à jour le 30-03-2023 à 10h27
On l'annonçait comme imminent depuis des semaines, le voici enfin : le plan alcool, approuvé par les autorités ce mercredi, entend s'attaquer au problème de fond que constitue la consommation excessive et nocive de produits alcoolisés.
Le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, s'est dit heureux des décisions prises entre tous les ministres compétents, à plusieurs niveaux de pouvoirs : "La consommation d'alcool est liée aux soins de santé, mais aussi à la justice, aux finances, à la restauration, la jeunesse, la police, etc. Ce n'est que par la collaboration que nous arriverons à nous attaquer vraiment à la problématique de l'alcool nocif. Ce consensus est une belle avancée."
Le plan alcool affiche 5 objectifs, rappelle le ministre dans un communiqué :
- Sensibiliser aux dangers liés à une consommation excessive d'alcool (cancers par exemple)
- Mieux détecter les excès et faciliter la redirection rapide vers des soins ad hoc
- Renforcer la prévention et la promotion de la santé
- Améliorer l'accès aux soins
- Réduire les accidents de la route liés à l'alcool
Quelque 75 actions précises sont prévues. Les décisions prises sont basées sur les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé et du Conseil Supérieur de la Santé. Citons quelques exemples des actions prévues en 2023, 2024 et 2025.
Réglementer plus strictement la publicité pour l'alcool
Toute publicité pour une boisson contenant de l'alcool est interdite durant une période qui court à partir de 5 minutes avant jusqu'à 5 minutes après une émission qui vise principalement un public mineur d'âge. La publicité est également interdite dans les magazines, salle de cinéma ou sur des supports digitaux lorsqu'un public mineur d'âge est visé.
Le fameux slogan "Notre savoir-faire se déguste avec sagesse", créé par l'industrie de l'alcool, va disparaître. Il laissera place à une communication sur la santé, rédigée par le SPF Santé publique, reprenant des données scientifiques probantes.
Il sera interdit d'offrir des boissons alcoolisées gratuitement, tant dans le cadre d'une campagne de promotion qu'en tant que cadeau non sollicité, par exemple lors d'achats au-delà d'un certain montant. Les actions pour des produits alcoolisés (3+1 gratuite par exemple) restent autorisées, idem dans le cadre de dégustation.
Rendre l'alcool moins disponible
Les 16-18 ans ne peuvent plus acheter d'alcool fort. Seuls la bière et le vin seront autorisés. Cela évitera les confusions, notamment dans les bars ou magasins de nuit.
La vente d'alcool ne sera plus permise la nuit dans les magasins le long des autoroutes, entre 22h et 7h du matin. l'objectif est de diminuer le nombre de morts sur les routes liés à la consommation d'alcool.
Interdiction de trouver de l'alcool dans des distributeurs automatiques. Idem dans les magasins situés dans les hôpitaux (sauf pour les cafétérias).
D'autres mesures : lobbys et soins de santé
Un "registre des lobbys" sera mis en place au sein du gouvernement fédéral. Ce registre mentionnera tous les contacts avec, entre autres, l'industrie de l'alcool.
Le gouvernement fédéral veut également élaborer et mettre en œuvre un trajet de soins alcool, spécifiquement pour le groupe cible des adolescents et des jeunes adultes. Les jeunes qui arriveraient aux urgences, en raison d'une intoxication à l'alcool et/ou à la suite d'un accident sous influence, pourraient suivre un trajet de soins auquel les parents seront également associés.
Et après ?
Le plan vise ici les prochaines années et ouvre la voie à d'autres mesures. Les discussions se poursuivent notamment sur la mise en œuvre d'un prix minimum pour l'alcool, le taux d'alcoolémie autorisé au volant et les possibilités de déceler plus rapidement les conséquences physiques d'une consommation excessive, précise le communiqué du ministre.
"Le travail n'est pas terminé avec l'adoption de ce plan. Toutes les actions du plan doivent être pleinement mises en œuvre afin que nous puissions prendre des mesures supplémentaires nécessaires pour 2026-2028", précise Frank Vandenbroucke.
Avant l'annonce des mesures définitives, les spécialistes déchantaient déjà, dénonçant un plan "sans ambition".
