Le front commun en pause sur le tronc commun : "Nos affiliés se sont majoritairement prononcés contre l'allongement"
Deux des cinq organisations qui représentent les acteurs de l'enseignement ont décidé de prendre ponctuellement une certaine distance vis-à-vis du front commun syndical. Toutefois, pas question de claquer la porte pour autant : "Nous restons alignés à 90 % avec les positions des autres syndicats".

- Publié le 07-10-2025 à 04h05
- Mis à jour le 07-10-2025 à 08h18

Ce n'est pas parce qu'ils pèsent moins lourd qu'ils n'ont rien à dire. Au sein du front commun syndical représentant les personnels de l'enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, le Syndicat libre de la fonction publique (SLFP) et l'Association professionnelle du personnel de l'enseignement libre (Appel) se sont pourtant montrés discrets ces derniers mois. Un signe : leurs logos ont disparu des derniers communiqués adressés par la CSC, la CGSP et le SETCa. De quoi y voir un conflit entre les deux "bleues" et les autres organisations syndicales ?
"Nous restons alignés à 90 % avec les positions des autres syndicats, tempère Jean-Claude Lemaître, secrétaire général de l'Appel. Mais il y a tout de même quelques sujets de désaccord qui font que nous nous sommes désolidarisés de certaines communications récentes, c'est vrai ".
Nous restons alignés à 90 % avec les positions des autres syndicats. Mais il y a quelques sujets de désaccord.
"Il y a principalement deux points sur lesquels nous ne sommes pas en phase avec le front commun", précise Masanka Tshimanga, présidente communautaire du SLFP Enseignement.
Tronc commun
Le premier, non des moindres, porte sur le tronc commun et son implémentation dans le secondaire, sujet phare de ce début d'année scolaire.
"Nous avons fait des enquêtes auprès de nos affiliés et ceux-ci ont marqué leurs réticences à cet égard ", explique Masanka Tshimanga. Un constat que rapporte également Jean-Claude Lemaître : "Nos affiliés se sont majoritairement prononcés contre l'allongement du tronc commun". Le syndicat Appel soutient dès lors l'idée d'une troisième secondaire adaptée, telle que discutée lors de la mise au vert des acteurs organisée par la ministre Glatigny en mai dernier. Jean-Claude Lemaître regrette d'ailleurs le trop grand " positionnement idéologique " qu'il a par ailleurs pu observer sur cette question.
Nous avons fait des enquêtes auprès de nos affiliés et ceux-ci ont marqué leurs réticences sur l'allongement du tronc commun.
Groupe de travail
Le second point de désaccord concerne le retrait des trois autres organisations du groupe de travail sur la pénurie des enseignants instauré par la ministre-présidente Degryse (Les Engagés).
"Nous avions reçu un mandat clair de la part de nos affiliés pour aller jusqu'au bout des travaux, afin d'avoir une vue d'ensemble sur la problématique et les conclusions de ce groupe de travail, détaille Masanka Tshimanga. À présent, nous attendons une communication claire de la part du gouvernement : est-ce que l'on reste collé à la déclaration de politique communautaire ou est-ce qu'il y aura une évolution ? "

Convergences
Toutefois, si ces deux points en particulier ont créé une divergence de position entre les deux syndicats et leurs homologues vert et rouges, il reste "énormément de points qui nous rapprochent ", souligne Masanka Tshimanga.
Là encore, le constat est partagé par Jean-Claude Lemaître : "Vous savez, avant, enseignant, c'était le plus beau métier du monde. Mais j'invite chacun à venir une semaine dans une classe. Et ils comprendront alors pourquoi autant de jeunes enseignants quittent la profession. Parce qu'ils n'en peuvent plus à cause des conditions de travail. Il est grand temps d'améliorer celles-ci. Or, là-dessus, nous sommes parfaitement alignés avec les autres syndicats". Un signe, à nouveau : les cinq syndicats ont appelé leurs affiliés à manifester le 14 octobre prochain.
J'invite chacun à venir une semaine dans une classe. Et ils comprendront alors pourquoi autant de jeunes enseignants quittent la profession.
Une réunion doit en outre se tenir cette semaine entre les cinq organisations afin d'évoquer les points de convergences. Le front commun n'est donc pas éteint.