Démission du formateur Bart De Wever: le spectre d'une nouvelle crise
Le roi Philippe a accepté la démission du formateur Bart De Wever suite à l'absence d'accord entre partenaires sur la taxe des plus-values. Le pays est de nouveau au bord de la crise politique.

- Publié le 22-08-2024 à 21h48
- Mis à jour le 22-08-2024 à 22h30

Tant qu'il n'y a d'accord sur tout, il n'y a d'accord sur rien. Un principe maintes fois entendu dans notre pays et qui s'est encore vérifié ce jeudi. Faute d'avoir réussi à surmonter l'écueil posé par la taxe sur les plus-values, Bart De Wever a jeté l'éponge et mis un terme à sa mission de formateur. L'espoir était pourtant grand de voir la Belgique éviter une sempiternelle crise dont elle a le secret au lendemain du scrutin, les résultats sortis des urnes ne laissant guère de doute sur la voie à suivre. La fumée blanche semblait si proche. Mais après 74 jours de négociations menées en toute discrétion, ce qui était plutôt bon signe, le château de cartes s'est effondré.
Et maintenant ? La Belgique se retrouve à nouveau dans l'impasse. "Le pays mérite mieux", a réagi Conner Rousseau, le président des socialistes flamands. "Quel gâchis pour les citoyens et nos PME qui attendent ces réformes indispensables ", a renchéri le patron des Engagés, Maxime Prévot.
En ligne de mire, un homme : Georges-Louis Bouchez. Le président du MR se voit attribuer le costume du "zwarte piet" (père fouettard en flamand) qui porte la responsabilité de cet échec. En refusant la taxe sur les plus-values, censée rapporter 500 millions sur les 40 milliards que le gouvernement doit trouver sur cinq ans selon le Comité de monitoring, le libéral s'est mis tout le monde à dos.
C'est désormais de lui que devra venir la solution. Conscient de la pression qui pèse sur ses épaules, le Montois s'est montré laconique dans ses déclarations hier, se contentant d'appeler ses partenaires de l'hypothétique Arizona à "garder (leur) sang froid et travailler dans la discrétion ". Une posture bien éloignée des habitudes du président du MR, habitué des déclarations musclées sur les réseaux sociaux.
Reste que le blocage est là. Et un homme pourrait en profiter : Bart De Wever. Lui qui rêve de voir la Belgique disparaître a dû enfiler le costume de formateur. Une mission, assumée de manière appliquée et en toute discrétion, qui, s'il l'avait menée à son terme, l'aurait obligé à endosser le costume de VRP de la Belgique. L'intransigeance de Georges-Louis Bouchez lui offre l'opportunité d'enfiler à nouveau sa tenue de nationaliste flamand et de récupérer sa liberté de parole. Mais aussi de revendication. Ce qui pourrait compliquer davantage les négociations et raviver le spectre d'une crise communautaire.
