Négociations à Bruxelles: l'illusion d'un espoir
La proposition d'Yvan Verougstraete pour sortir Bruxelles de l'impasse n'aura tenu que vingt-quatre heures. L'Open-VLD bruxellois n'en veut pas.

- Publié le 02-09-2025 à 19h30
- Mis à jour le 02-09-2025 à 19h32

L'espoir de voir la Région bruxelloise dotée d'un gouvernement de plein exercice aura été de courte durée. Quinze ans après le coup de poker d'Alexander De Croo qui plongea la Belgique dans une crise politique durant 541 jours, c'est un autre "fils de" libéral flamand qui a décidé hier de débrancher la prise. Une prise qui n'aura même pas eu le temps de fonctionner.
Frédéric De Gucht, fils de Karel (ancien ministre fédéral et commissaire européen), a rejeté la proposition de sortie de crise présentée vingt-quatre heures plus tôt par le président des Engagés, Yvan Verougstraete.
Le facilitateur bruxellois avait sorti de son chapeau une solution un rien surréaliste mais qui semblait rallier tout le monde: confier deux fauteuils (ministre et secrétaire d'État) dévolus à des francophones (MR et PS) au CD&V et à une personne francophone issue de la société civile. Si le PS avait fini par accepter, à contrecœur, la douche froide est venue de l'Open VLD.
Le parti flamand, en crise existentielle depuis le pari raté d'Alexander De Croo en 2010, se bat pour sa survie. Sa présidente, Eva De Bleeker, a jeté l'éponge la semaine dernière, un an à peine après son élection. Un seul candidat s'est à ce stade proposé pour lui succéder: un certain… Frédéric De Gucht. Difficile, dès lors, de ne pas voir dans sa décision un calcul politique. L'intéressé s'en défend, invoquant le fait que "ce qui est proposé par M. Verougstraete ne nous suffit pas pour venir à table ".
Une justification fragile, tant il était clair que d'autres négociations – sur le programme de majorité notamment – devaient venir compléter la solution du facilitateur. Ce dernier avait d'ailleurs prévenu les autres partis: "Soit vous acceptez cette solution-là, soit vous en avez une meilleure, soit vous condamnez les Bruxellois à l'immobilisme".
Or, à ce jour, le libéral flamand, qui ne pèse que 1,8% des voix à Bruxelles, n'a avancé aucune alternative, préférant rester campé sur ses exclusives. Résultat: une région entière se retrouve paralysée.
L'expérience a montré qu'un coup d'éclat médiatique ne fait pas une stratégie. À Frédéric De Gucht, désormais, de prouver qu'il peut offrir autre chose qu'un blocage s'il veut asseoir sa crédibilité.
