Le décret passe, la colère reste
Et voilà, sauf retournement de situation de dernière minute, le décret-programme 2 de la Fédération Wallonie-Bruxelles sera bientôt adopté. Après des mois de tensions, de manifestations, de grèves et de débats politiques houleux, la majorité MR-Les Engagés devrait mettre un point final à cette séquence politique.
- Publié le 03-06-2026 à 16h29
- Mis à jour le 04-06-2026 à 08h18

Du moins en apparence.
Car un vote n'efface pas la colère. Il ne rétablit pas non plus la confiance. Et derrière l'affrontement de ces dernières semaines va subsister une fracture profonde entre le gouvernement et une partie importante du monde de l'enseignement.
Si sur le plan politique, la majorité se félicitera d'avoir tenu bon face à une contestation et une opposition particulièrement offensive, ce n'est pas une victoire. Car sur le terrain, rien n'indique que la page sera tournée aussi facilement. Derrière les procédures parlementaires et les bras de fer, il reste un sentiment d'incompréhension voire un profond malaise.
Donc aujourd'hui, la question n'est plus de savoir si le décret sera adopté mais de savoir ce qui se passera le jour d'après.
Car déjà, certains responsables syndicaux évoquent la possibilité de prolonger la mobilisation au-delà de l'année scolaire. Des actions pourraient ressurgir à la rentrée. Et le simple fait que cette perspective soit envisagée montre que le malaise est bien ancré.
Le risque est donc réel de voir s'installer un climat de défiance durable entre le gouvernement et ceux qui font vivre nos écoles. Car une réforme votée ne veut pas dire qu'elle est acceptée.
Alors, oui, l'été offrira peut-être une parenthèse mais il ne suffira certainement pas à effacer les tensions accumulées ces derniers mois.
La véritable victoire ne sera donc pas l'issue de ce vote mais bien la capacité de renouer le dialogue et la confiance.
Aujourd'hui, le Parlement s'apprête à tourner unepage. Mais rien ne dit que le monde de l'enseignement soit prêt à en faire autant.
