Sous la chaleur, l'oubli
"Notre maison brûle et nous regardons ailleurs" . Lorsque Jacques Chirac prononce cette phrase au Sommet de la Terre à Johannesburg, en 2002, elle résonne comme un avertissement.
- Publié le 24-06-2026 à 00h00
- Mis à jour le 24-06-2026 à 08h51

Vingt-quatre ans plus tard, alors que la Belgique et une grande partie de l'Europe suffoquent sous une vague de chaleur exceptionnelle, ces mots sont d'une actualité frappante. D'autant que le thermomètre va continuer de grimper ces prochains jours. Des conditions qui ont poussé le Centre de crise national et d'autres partenaires à se réunir ce mardi matin afin de formuler diverses recommandations à la population comme boire davantage d'eau, éviter l'alcool, renoncer aux activités sportives aux heures les plus chaudes, porter une casquette, prendre soin des plus fragiles… tandis que les Communes, les maisons de repos et les écoles sont appelées à prendre des mesures appropriées.
Des conseils indispensables, certes, mais qui posent une question plus fondamentale: avons-nous réellement préparé notre pays à vivre dans un climat qui se réchauffe? Car la canicule qui frappe aujourd'hui la Belgique n'a rien d'une surprise. Depuis des années, les experts du GIEC nous alertent sur l'intensification des vagues de chaleur provoquée par le changement climatique. Pourtant, à chaque nouvel épisode extrême, on semble tomber des nues et c'est le branle-bas de combat.
Plus inquiétant encore, alors que le réchauffement climatique progresse, le sujet semble avoir disparu du centre du débat. Alors oui, il ressurgit lors des inondations, des sécheresses ou des canicules, mais rapidement, il est à nouveau éclipsé par d'autres débats comme le pouvoir d'achat, la sécurité ou encore l'immigration. Comme si le climat était devenu un enjeu secondaire.
Alors bien sûr, les politiques ne portent pas à eux seuls cette responsabilité. Mais ne dit-on pas que "Gouverner, c'est prévoir "? Et prévoir, ce n'est pas seulement rappeler qu'il faut boire de l'eau ou prendre des nouvelles de son voisin. C'est adapter les villes, les logements, les écoles à un climat qui change et qui s'annonce comme être la norme de demain.
