Se préparerà l'impensable
"Nos esprits, même notre imaginaire n'étaient pas prêts à concevoir que tant d'eau allait se déverser dans ces vallées."
- Publié le 13-07-2026 à 06h00

Cinq ans après les inondations, cette phrase de Catherine Delcourt (lire p. 4) résume sans doute mieux que n'importe quel chiffre ce qui s'est joué entre le 13 et le 15 juillet 2021. Trente-neuf personnes ont perdu la vie, des centaines ont été blessées et près de 100 000 habitants ont été sinistrés. Au total, quelque 45.000 logements ont été endommagés, pour une facture qui s'est chiffrée en milliards d'euros. Des chiffres qui donnent le tournis, mais qui ne disent pas tout.
Car ce qui frappe en écoutant les témoignages des acteurs de l'époque, c'est qu'ils racontent tous la même chose: ils n'étaient pas prêts. Non par négligence ou incompétence mais simplement parce que personne n'avait réellement envisagé une catastrophe d'une telle ampleur.
À Limbourg, la bourgmestre Valérie Dejardin raconte qu'elle n'avait d'ailleurs emporté qu'une paire de bottes en quittant son domicile. Quelques heures plus tard, son centre de crise était évacué parce qu'il était lui-même sous eau. Comme beaucoup, elle pensait devoir gérer une "simple" inondation et certainement pas la plus grande catastrophe naturelle qu'ait connue la Belgique.
Mais au fond, comment se prépare-t-on à une catastrophe que personne n'imagine possible ?
Mais cinq ans plus tard, la vraie question n'est plus seulement de savoir ce qui s'est passé, mais de savoir ce que nous avons appris. C'est d'ailleurs sur ce point que les témoignages de Catherine Delcourt et Valérie Dejardin se rejoignent. Toutes deux plaident pour une véritable culture du risque. Non pas pour vivre dans la peur, mais pour être moins démunis lorsque l'impensable survient. Savoir réagir à une alerte, connaître les gestes essentiels, penser aux personnes les plus vulnérables: autant de réflexes qui paraissent anodins… jusqu'au jour où ils deviennent vitaux.
Les inondations de 2021, les canicules à répétition ou encore les incendies qui ravagent le sud de l'Europe nous rappellent une même évidence: les événements extrêmes ne relèvent plus de l'exception. Être préparé, ce n'est pas céder au catastrophisme, c'est faire preuve de responsabilité.
