Avant qu'il ne soit trop tard
1 762. C'est le nombre de décès par suicide enregistrés en Belgique en 2022. Derrière ce chiffre, autant d'histoires que de vies interrompues.
- Publié le 09-09-2026 à 14h48
- Mis à jour le 10-09-2026 à 10h04

Comme celle de la fille de Caterina. Elle avait 31 ans. Pendant dix-huit ans, la jeune femme a traversé une profonde souffrance psychologique avant de mourir. Cette histoire, c'est aussi celle des parents de Lucie. Ce 10 septembre, elle aurait dû fêter ses 17 ans. Mais il y a cinq ans, elle a mis fin à ses jours, à l'âge de 12 ans.
Deux histoires différentes. Deux familles confrontées à l'impensable. Mais une même conviction aujourd'hui pour ces parents: il faut agir avant qu'une autre famille ne connaisse ce même drame. C'est pourquoi ils ont fait de la prévention du suicide leur combat.
Car la prévention ne peut pas commencer au moment où quelqu'un est au bord du gouffre. Elle doit commencer bien avant: lorsqu'un adolescent se replie, lorsqu'un enfant change, lorsqu'une souffrance apparaît. Puis c'est aussi pouvoir trouver une personne pour entendre cette souffrance: un psychologue accessible, un médecin formé ou même une école qui sait comment réagir.
Et puis prévenir, c'est aussi accepter de regarder ce que nous ne savons pas. Aujourd'hui la Belgique ne dispose pas d'un décompte national exhaustif des tentatives de suicide. Or celles-ci sont essentielles pour mieux comprendre le phénomène et améliorer la prévention.
Car la prévention, ce n'est pas un catalogue de bonnes intentions mais c'est faire en sorte que la souffrance puisse être repérée plus tôt. Et pour cela il faut des moyens, mais aussi un changement de regard.
Arrêtons de considérer la détresse psychique comme une affaire strictement individuelle. Osons en parler publiquement. Non pas pour stigmatiser, ni pour réduire le suicide à une statistique, mais pour rappeler qu'il existe des signes, des ressources, des numéros d'écoute, et que chercher de l'aide n'est pas un aveu de faiblesse.
À l'occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, le message des parents est clair: il ne suffit plus de gérer l'après, il faut agir avant.
Pour la fille de Caterina et pour Lucie, il est trop tard mais pour les autres, il est encore temps.
